Une fille avec un livre

Luis Sepulveda, Le vieil homme qui lisait des romans d'amour.

Sepulveda

Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse, il savait lire.

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24 juillet 2017

Victor Hugo, Han d’Islande, folio classique, 576 pages.

Han d'Islande

J’ai récemment décidé que les œuvres de Victor Hugo seraient mon fil conducteur de mes lectures estivales. Et j’ai décidé de commencé par des œuvres qui sont pour moi moins connues.

Ma première lecture est donc Han d’Islande.

Roman historique, roman du pouvoir, roman d’aventure, roman d’amour, vous trouverez tout ce que vous voulez dans Han d’Islande.

Norvège, XVIIes. Ethel, jeune fille innocente, partage la captivité de son père enfermé par son opposant qui l’accuse de meurtre. Trahison, complot, les hommes de pouvoir paraissent fort antipathiques.  Ordener, jeune homme amoureux d’elle, va tout faire pour prouver l’innocence du père. Il doit pour cela retrouver le coffre de métal contenant les preuves de sa quête.

Mais sa route croise les soldats de ses opposants, et un drôle d’être que peu de personnes peuvent se targuer d’avoir vu de près. Han.  Né en Islande, bandit sanguinaire, assoiffé (au sens propre) du sang de ceux qu’il tue, toujours  accompagné d’un ours blanc. Han, ne voulant que la vengeance, créature géante pour les uns, petite pour d’autres, mais est-ce vraiment un homme ? Un être légendaire et mythique de la culture scandinave ? En tout cas, le symbole du mal absolu. De quoi mettre à l’épreuve le courage d’Ordener…

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20 juillet 2017

Daniel Defoe, Robinson Crusoé, édition Carrefour, 1994, 317 pages.

defoe robinson

Je connaissais dans les grandes lignes l’historie de Robinson Crusoé comme on connait quelques grands classiques, comme des histoires racontées, mais je ne l’avais jamais lu. L’oubli est réparé.

Je ne vais pas revenir sur le détail de l’histoire de ce naufragé, homme industrieux qui ne se laisse pas abattre. Il a en effet très vite compris qu’il a désormais la vie devant lui sur cette ile déserte pour aménager son territoire. Et là, j’emploie le possessif volontairement.

Première édition de ce livre : 1710. Donc début XVIIIes, l’époque des grands navigateurs, des traversées vers l’Amérique et du commerce triangulaire. Robinson n’est pas un blanc européen (anglais pour être précis) pour rien. Même quand il la quitte, son île reste son territoire, son domaine, les habitants, ses sujets (blancs) qui ont besoin de quelques sauvages (noirs) pour les aider au travail. Sa grotte est son château, et sa cabane, sa métairie et résidence secondaire dans laquelle il va dormir quelques nuits de temps à autres pour se ressourcer.

Robinson reconstitue en miniature une société nouvelle ou le blanc reste le maitre. On peut aussi dater l’époque au style littéraire. Et je conçois difficilement un journal de naufragé aussi bien rédigé

Je vais par la suite lire la relecture/réécriture faite par Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, puis la version de Chamoiseau, L’empreinte à Crusoé, lu une première fois il y a quelques années pour le premier prix Océan.

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17 juillet 2017

Pascal Blanchard, Farid Abdelouahad, Les années Trente, et si l’histoire recommençait, édition de la Ma

les anées trente

 

On a tendance à oublier les années 30, du moins ceux de ma génération. Mes quatre grands parents (nés entre 1905 et 1917) ne sont évidemment plus là pour m’en parler, et mes parents sont des baby boomers. Alors, qui connait vraiment l’histoire économique, sociale et politique des années Trente ?

C’est une ‘’décennie trouble, terrible, fascinante, violente, mais aussi créative et fondatrice du temps présent’’.

Au milieu des années 30, le monde se fissure. Les idées extrêmes gagnent tellement de terrain qu’elles prennent le pouvoir. On pense nazisme, fascisme, populisme.

Dans la comparaison avec les années trente, ce ne sont pas les différences mais les similitudes qui l’emportent (François Lenglet).

Le 11/09/2001 et la confrontation avec l’Islam jouent se rôle joué par la grande guerre.

Choc des civilisations, choc des cultures = terreau pour les ultras. 80 ans après 1937, la Grèce, l’Allemagne, l’Autriche, la France voient de nouveaux populistes ou nationalistes chercher une nouvelle légitimité politique. La crise de 2007-2008 fait écho au krach boursier d’octobre 1929, point de départ de cet ouvrage.

Ce livre est divisé en douze chapitres à la riche documentation iconographique.

Un parti pris : planter un large panorama visuel des années trente au niveau mondial (des Etats-Unis à l’URSS en passant par les empire coloniaux). Il interroge sur les mécanismes similaires, les échos et les résonnances avec aujourd’hui.

Une nouvelle lecture enrichissante et éclairante.

 

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13 juillet 2017

Chimamanda Ngozi Adichie, Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féminine, Gallimard, avril 2017.78 p.

Un petit livre à mettre entre toutes les mains, hommes et femmes confondus, et quelque soit la culture.

C. N. Adichie est une écrivaine nigériane engagée. « A une amie qui me demande quelques conseils pour élever selon les règles de l’art du féminisme la petite fille qu’elle vient de mettre au monde l’auteure répond sous la forme d’une missive enjouée, non dénuée d’ironie, qui prend vite la tournure d’un manifeste. » OU bien la lettre n'est qu'un prétexte pour camoufler ce manifeste, je ne sais pas. Mais l'un ou l'autre, peu importe, c'est à lire absolument!

Quelle place donner à l’enfant, à la mère, au père, dans la vie quotidienne, dans les propos…

Et le lecteur / lectrice se retrouve confronté, au-delà des cultures, à des situations du quotidien qui nous parlent. Il suffit de regarder la classification des vêtements ou des jouets dans les enseignes françaises pour voir qu’ici aussi il reste beaucoup de chemin à parcourir !

 

Citations :

« Apprendre à questionner les mots. Les mots sont le réceptacle de nos préjugés, de nos croyances, de nos présupposés. Mais pour lui enseigner cela, tu devras toi-même questionner ton propre langage »

« Apprend lui si l’on critique X chez les femmes mais pas chez les hommes, alors c’est que l’on n’a pas de problème avec X mais que l’on a un problème avec les femmes. Remplace X par des mots comme ‘’colère’’, ‘’ambition’’, ‘’grande gueule’’, ‘’entêtement’’, ‘’froideur’’, ‘’cruauté’’.

 

chere ijeawele

 

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10 juillet 2017

Rachel Carson, Le printemps silencieux, 275 pages, édition wildproject, collection Domaine sauvage

Compte-rendu de lecture,

le printemps silencieux

. Préface d’Al Gore.

« L’homme peut-il contrôler la nature ? De tout temps, il a essayé, prouvant ainsi son indécrottable prétention. »

Voici un livre très intéressant, qui a fait beaucoup de bruit à sa sortie en 1962. Rachel Carson est ce qu’on peut appeler aujourd’hui une lanceuse d’alerte. Elle met les pieds dans le plat pour dénoncer les catastrophes qui se produisent depuis l’utilisation massive des pesticides à grandes échelles. Les exemples cités sont donc datés pour nous aujourd’hui, mais tout ce qu’elle dit et décrit est toujours d’actualité. Des produits d’alors, actuellement interdits, se retrouvent toujours dans la nature, des cancers en rapport avec la manipulation de produits chimiques sont bien présents, mais toujours pas reconnus comme tels. D’autres produits ont aujourd’hui pris le relais, toujours aussi toxique, éliminant indifféremment les ‘’bons’’ comme les ‘’mauvais’’ insectes. Il n’y a qu’à voir la polémique de ces jours-ci (2e quinzaine de juin 2017) sur l’autorisation à plus grande échelles de produits chimiques pour les cultures, qui ont juste comme ‘’petit’’ inconvénient….de tuer les abeilles.

Alors que la preuve existe qu’il y a d’autres moyens à mettre en œuvre ! Et la nature a les moyens de lutter contre ces intrants. Peut-on penser la nature destinée à satisfaire le plaisir de l’homme ? Peut-on la contrôler ?

Non ! Mais cela montre bien la prétention des hommes.

Avec cet ouvrage, en plus de prendre connaissance d’une auteure et d’un titre, j’ai découvert une maison d’édition ‘’qui explore les relations entre les sociétés naturelles et les sociétés humaines’’. Je pense que son catalogue gagne à être exploré. La collection domaine sauvage rassemble les ouvrages fondateurs de la pensée écologique.

 

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28 juin 2017

Durian Sukegawa, Le rêve de Ryôsuke, Albin Michel, 313 pages, avril 2017

le reve de ryosuke

 

Une ile au fin fond de nulle part, rien de tel pour s’isoler et chercher sa voie. Et Ryôsuke la cherche, sa voie. Il s’engage pour quelques semaines de durs travaux de canalisation sur l’île d’Aburi, avec deux comparses de hasard, qui ne savent pas trop non plus où ils vont.

Mais contrairement aux deux autres, Ryôsuke a une raison de se trouver sur cette île. Il recherche un homme en lien avec sa famille, son passé, son père. Il veut se reconstruire après avoir tenté de se détruire. Alors, après les travaux, il met les pas dans les pas de son père.

Mais sur cette île isolée, les traditions ont la vie dure et il ne fait pas bon aller à l’encontre des coutumes instaurées par les hommes et le temps.

Ryôsuke viendra-t-il à bout de son rêve ?

26 juin 2017

Gerschel, Saint-Criq, James, Le journal du off, Glenat, 127 p, mai 2017

 

 

journal du off

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les dessous. Le in, le off, les coups bas, les transfuges, les hypocrites…

Le vecteur ? Pierre Bogart, un journaliste politique de 45 ans, créé de toute pièce par le scénariste pour servir d’intermédiaire entre les politiques et nous, pour nous raconter les coulisses des dernières élections présidentielles. Dans les débats, les interviews, le commun des français voit la scène diffusée. Là, nous avons les coulisses, côté cours et côté jardin. Enfin, côté jardin…c’est vide dit ! Cela ne vole pas bien, c’est haut ras des pâquerettes, voire même de leurs racines ! Vous voyez un iceberg ? Ce livre nous donne à lire et à voir les 90 % immergés de cette campagne à rebondissement. Divertissant et instructif.

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12 juin 2017

Arturo Perez Reverte, Deux hommes de bien, seuil, mai 2017, 502 pages

reverte

Roman, histoire, aventure, quête, Encyclopédie, un vrai plaisir de lecture, ce dernier roman d’Arturo Perez Reverte.

Les hommes de bien, ce sont deux académiciens espagnols chargés d’accomplir une mission : rapporter en Espagne la première édition de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Avec l’accord du roi, cela va de soit. Mais bien des oppositions à ce projet se font entendre, l’Eglise en tête. Car il faut bien le dire, l’Espagne du XVIIIes n’est pas franchement éclairée, les Lumières sont assombries par les dogmes et les esprits étriqués. Nos deux esprits éclairés vont donc rencontrer des embûches et la quête et le retour ne seront pas de tout repos.

J’ai apprécié la précision des descriptions, du cadre, les détails très réalistes, le lecteur est bien plongé dans la France et l’Espagne du XVIIIes. Les courants de pensée, les débats d’idées, la place de la foi, le mode de vie, tout y est, avec une grande érudition.

Et ce qui est particulièrement intéressant, c’est de voir le roman se construire sous nos yeux. Chaque début de chapitre s’ouvre du point de vue de l’auteur, sa quête de source, ses recherches historiques et géographiques qui deviennent sous sa plume le cadre de la fiction. Et au fil des avancées, le roman prend forme, et on voit se transformer l’information historique et géographique qui prend vie sous nos yeux.

Une lecture qui se savoure, il faut prendre le temps de se plonger dans l’histoire, ce n’est pas un livre qui se survole.

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11 juin 2017

Aouda Nasri, La parole de Dieu, édition Chemin de traverse, collection spiritualité, avril 2017, théâtre, 161 pages.

Nasri, La parole de dieu

Voici un livre qui m’a beaucoup intéressé, et en même temps, je ne sais pas trop comment en rendre compte. D’abord, précisons qu’il s’agit d’une pièce de théâtre (reçue d’une MC de babelio). A travers différents personnages, nous prenons connaissance des différents postulats de l’Islam à travers des moments précis de son histoire, et en des lieux variés. Avant l’Hégire à la Mecque, à Médine treize ans après l’hégire, puis à Bagdad trois siècles plus tard, puis de nos jours en région parisienne.

L’intérêt : Ne connaissant que très peu de chose du contenu et des courants de pensée de l’Islam (uniquement ce qui a été vu dans le cadre de mes études d’histoire), ces échanges permettent de mettre à plat pour chaque époque les grands débats d’idées et les orientations choisies. Les tiraillements idéologiques se retrouvent tout au long de l’histoire, jusqu’à nos jours, symbolisés par les personnages présents dans l’acte IV, « Quatre jeunes femmes. Chahida est vêtue d’un hijab, Amina a un foulard sur la tête, Kahina et Raja n’ont pas de signes religieux distinctifs ». Ces quatres personnes sont le fil conducteur introduisant les différents actes, , présentant l’évolution temporelle et géographique aux lecteurs/spectateurs. Et elles vont clore la pièce par le débat contemporain, d’une grande actualité ces derniers mois.

C’est une lecture instructive qui ‘’s’adresse à tous, musulmans comme non-musulmans’’ (réplique n° du prologue) qui a clairement pour objectif de montrer les débats et les différentes interprétations d’une même parole.

L’inconvénient : Il faut prendre le parti pris de faire confiance à l’auteur sur un sujet sensible. En tant que lectrice extérieure aux débats, le sujet me semble clairement traité, abordant bien les différentes tendances contradictoires.

 

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