Une fille avec un livre

Luis Sepulveda, Le vieil homme qui lisait des romans d'amour.

Sepulveda

Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse, il savait lire.

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12 juin 2017

Arturo Perez Reverte, Deux hommes de bien, seuil, mai 2017, 502 pages

reverte

Roman, histoire, aventure, quête, Encyclopédie, un vrai plaisir de lecture, ce dernier roman d’Arturo Perez Reverte.

Les hommes de bien, ce sont deux académiciens espagnols chargés d’accomplir une mission : rapporter en Espagne la première édition de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Avec l’accord du roi, cela va de soit. Mais bien des oppositions à ce projet se font entendre, l’Eglise en tête. Car il faut bien le dire, l’Espagne du XVIIIes n’est pas franchement éclairée, les Lumières sont assombries par les dogmes et les esprits étriqués. Nos deux esprits éclairés vont donc rencontrer des embûches et la quête et le retour ne seront pas de tout repos.

J’ai apprécié la précision des descriptions, du cadre, les détails très réalistes, le lecteur est bien plongé dans la France et l’Espagne du XVIIIes. Les courants de pensée, les débats d’idées, la place de la foi, le mode de vie, tout y est, avec une grande érudition.

Et ce qui est particulièrement intéressant, c’est de voir le roman se construire sous nos yeux. Chaque début de chapitre s’ouvre du point de vue de l’auteur, sa quête de source, ses recherches historiques et géographiques qui deviennent sous sa plume le cadre de la fiction. Et au fil des avancées, le roman prend forme, et on voit se transformer l’information historique et géographique qui prend vie sous nos yeux.

Une lecture qui se savoure, il faut prendre le temps de se plonger dans l’histoire, ce n’est pas un livre qui se survole.

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11 juin 2017

Aouda Nasri, La parole de Dieu, édition Chemin de traverse, collection spiritualité, avril 2017, théâtre, 161 pages.

Nasri, La parole de dieu

Voici un livre qui m’a beaucoup intéressé, et en même temps, je ne sais pas trop comment en rendre compte. D’abord, précisons qu’il s’agit d’une pièce de théâtre (reçue d’une MC de babelio). A travers différents personnages, nous prenons connaissance des différents postulats de l’Islam à travers des moments précis de son histoire, et en des lieux variés. Avant l’Hégire à la Mecque, à Médine treize ans après l’hégire, puis à Bagdad trois siècles plus tard, puis de nos jours en région parisienne.

L’intérêt : Ne connaissant que très peu de chose du contenu et des courants de pensée de l’Islam (uniquement ce qui a été vu dans le cadre de mes études d’histoire), ces échanges permettent de mettre à plat pour chaque époque les grands débats d’idées et les orientations choisies. Les tiraillements idéologiques se retrouvent tout au long de l’histoire, jusqu’à nos jours, symbolisés par les personnages présents dans l’acte IV, « Quatre jeunes femmes. Chahida est vêtue d’un hijab, Amina a un foulard sur la tête, Kahina et Raja n’ont pas de signes religieux distinctifs ». Ces quatres personnes sont le fil conducteur introduisant les différents actes, , présentant l’évolution temporelle et géographique aux lecteurs/spectateurs. Et elles vont clore la pièce par le débat contemporain, d’une grande actualité ces derniers mois.

C’est une lecture instructive qui ‘’s’adresse à tous, musulmans comme non-musulmans’’ (réplique n° du prologue) qui a clairement pour objectif de montrer les débats et les différentes interprétations d’une même parole.

L’inconvénient : Il faut prendre le parti pris de faire confiance à l’auteur sur un sujet sensible. En tant que lectrice extérieure aux débats, le sujet me semble clairement traité, abordant bien les différentes tendances contradictoires.

 

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06 juin 2017

Christophe Bourseiller. C’est un complot. Voyage dans la tête des conspirateurs, JC Lattès, octobre 2016. 284 pages.

C'est un complot

En tant qu’enseignante, je suis confrontée à des élèves qui sont des proies faciles, des lecteurs non avertis et facilement influençables par les théories du complot proliférant sur la toile.

Ils sont facilement pris au piège des fils gluants des théories conspirationnistes. Parmi les thèmes récurrents la remise en cause de l’homme sur la lune, plus récemment, le complot du 11 septembre, et éternellement les Illuminatis, à toutes les sauces.  Et il y en a bien d’autres, dont certaines que j’ai découvertes dans ce livre qui dresse l’inventaire des plus célèbres théories du complot. Le travail sur les mots du complot est intéressant, les explications pseudo-rationnelles pour se donner une façade crédible ne sont pas sans me faire passer au vocabulaire de certains discours politique.

Ces théories fleurissent quand certains manquent de connaissances et d’explications rationnelles. Comme si l’homme avait besoin de se raccrocher à des croyances pour trouver un sens à sa vie.

Et une prise de conscience : on a du pain sur la planche, pour donner une culture générale et apprendre à décrypter les informations circulant librement sur le net.

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04 juin 2017

Didier Decoin, Le bureau des jardins et des étangs, stock, 2017. 387 pages.

Decoin

Katsuro est le pécheur de renom fournisseur des carpes des bassins de la cité impériale. A sa mort, sa femme Miyuki doit le remplacer et porter les carpes commandées. Mais Miyuki n’a pas la force de son mari. Les palanches sont lourdes sur ses frêles épaules et la route est longue et dangereuse, et les carpes attirent les convoitises. Alors, Miyuki chemine, la mémoire de Katsuro à ses côtés.

J’attendais beaucoup à la vue de cette couverture et à la lecture du titre, j’espérais me laisser porter par une écriture poétique, mais je suis restée sur ma faim. Il m’a manqué quelque chose pour être vraiment transportée dans le Japon du XIIes. Je suis juste restée sur mon canapé.

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02 juin 2017

Tobby Rolland, La dernière licorne, Presses de la Cité, 593 pages.

 

la dernière licorne

Attention, soyez attentif à l’avertissement de l’auteur : « Tout est vrai ». La preuve ? Les tablettes sumériennes (-2500), la Bible, le Coran, le Livre des mutations ( Chine, -VIIIes) ou les écrits d’Ovide  ( – Ier s), tous, sans exception, font allusion à l’arche de Noé pour les chrétiens, qui échouera au sommet du Mont Ararat, entre l’état du Nakhitchevan (dont j’ai appris l’existence à la lecture), l’Iran et la Turquie. Alors, légende ? Histoire vraie ? Ce site attire la curiosité des scientifiques ou de touristes, en quête d’un vestige, d’un petit bout de l’arche.

Comme des reliques, des traces de son existence ou de son inexistence sont dispersés dans le monde : Kaliningrad, Hong-Kong, Toulouse, le Vatican, Arménie…livre apocryphe, morceau de bois provenant de l’arche, étude des glaces du Mont Ararat. … Que craignent les chrétiens réunit au sommet mondial ? Quels secrets veulent-ils tous protéger ? Que veulent les tueurs sadiques et sanguinaires sur les traces de nos trois personnages, Zak, Arsène et Cécile ? Qui/que veulent-ils protéger ? Quelle révélation risquerait de bouleverser l’humanité tout entière ?

Alors embarquez au côté de Zak, mais surtout, n’ayez pas froid aux yeux.  Il va vous falloir du courage et du sang froid et une bonne dose de folie pour le suivre sur les traces des dernières licornes. Oui, oui, puisque je vous dis que tout est vrai ! Vous avez bien lu, les dernières licornes !

Un thriller au final bien ficelé. J’ai eu un peu de mal au début à relier les différentes phases de narration, à situer la place des différents groupes de personnages dans l’intrigue. Mais au final, la lecture est agréable et fluide, et on s’attache à Zak, Cécile et Arsène, et on tremble pour eux.

 

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30 mai 2017

Michel Peyramaure, Louisiana, Pocket, 982 pages

Louisiana

Et sous nos yeux de lecture revit, sous la plume de Michel Peyramaure, une époque, une colonie, la Louisiane de la fin du XVIIEs et au XVIIIes.

Espagne, Anglais et Français se surveillent du coin de l’œil dans ce secteur du golfe du Mexique. Un joueur de violon, des gentilshommes, des filles seules envoyées en quête d’un mari…Que sont venus chercher ces français sur ces terres encore hostiles et inhospitalières ?

Entre climat chaud et humide, terres marécageuses, faiblesse des ravitaillements, présence indienne… L’implantation de la colonie est long et pénible, bien loin de l’image de la Louisiane actuelle. Et la métropole est bien loin, pour ces quelques familles perdues au bout du monde. Une longue fresque historique et dépaysante.

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28 mai 2017

Cécile Coulon, Trois saisons d’orage, Viviane Hamy, 265 pages.

trois saisons d'orage

Il y a des lieux comme ça où la nature domine, où l’homme doit l’apprivoiser et non la dompter.

Les Trois gueules, village des Fontaines, deux générations de médecins. Un village qui se développe. Trois générations d’une même famille. Faut-il ouvrir le village à la ville, à la fois géographiquement si proche, et pourtant apparemment si lointain ? Faut-il faire venir des métiers variés, des spécialistes ? Faut-il lutter contre l’invasion péri-urbaine et immobilière ?

La campagne contre la ville, l’Homme contre la nature, servi par une écriture sans fioriture, qui va à l’essentielle. Dès les premières pages de lecture, j’étais là-bas, sur ces falaises, dans cette nature rugueuse, brute, sauvage, magnifique. Cécile Coulon sert ce lieu à merveille. Et c’est ce paysage, cette nature, qui est en fait le personnage principal.

 

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26 mai 2017

Pizza à ma façon

PIZZA à ma façon

 

Certains appelle la recette suivante ‘’pain de géorgie’’. Mais il semblerait que la vraie recette de pain de georgie n’ait pas de viande. Une chose est sûre, je referai cette version, mais en la garnissant à ma manière, selon les goûts de ma petite famille.

Le principe :

 

Prendre une pâte à pizza ronde, l’étaler la pâte.

Sur le bord, faire un ‘’cercle’’ de morceau de mozzarella, bordé de tomates séchées. Replier les bords, ce qui donnera une croute garnie et moelleuse.

Pour le reste, vous pouvez faire une garniture de votre choix.

Pour cette version en lien avec la photo, j’avais fait cuire de la viande hachée avec de l’oignon, et une sauce à la tomate, + sel et poivre, et j’en avais garni le centre de la pâte. Puis cassé un œuf dessus.

Cuisson à 180 °, 25 à 30 minutes, en surveillant selon les fours.

 

Mais la viande hachée cuite ne fait pas l’unanimité de tous ici, je ferai la prochaine fois une version Quatre fromage en garniture, mais en gardant le principe de la mozza et des tomates séchées dans la croûte.

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24 mai 2017

Gabriel Garcia-Marquez, Cent ans de solitude, 461 pages, points.

Cent ans de solitude

Une semaine de lecture solitaire pour Cent ans de solitude. Un roman fleuve, une fresque d’un siècle quelque part en Amérique du sud,  à une époque que je ne parviens pas bien à dater, couper du monde, hors du temps, et pourtant très riche en personnages qui se croisent. Une difficulté majeure : rester bien concentrée pour suivre les péripéties de tous ces personnages centraux, qui appartiennent tous à la même famille, avec les mêmes prénoms. Les José, Auréliano et Arcadio  se combinent sous toutes les formes, les traits de caractères se retrouvent d’une génération sur l’autre, j’ai eu tendance à m’y perdre. Mais après tout, ce n’est pas grave. Laissons-nous porter sans trop se poser de question.

Cent ans de solitude retrace sur plusieurs générations la vie du village de Macondo, village crée ex-nihilo par un couple banni et des villageois qui l’ont suivi. Le village s’étend, grandit, connait des guerres, des crises, et meurent. La famille se reproduit, s’agrandit, et pendant longtemps il n’y eu pas de mort à Macondo, à l’écart du monde. Les personnages ont beaucoup de présence, les caractères sont forts.

L’invraisemblable, le surnaturel et le merveilleux ont leur place, les fantômes sont bien vivants, les péripéties rocambolesques, l’inceste se vit de façon naturelle. Qu’est-ce qui lie tous les membres de cette nombreuse famille aux vies si longues ? Le destin, qui les ramène toujours à Macondo, dans la maison de José Arcadio et Ursula, le destin provoqué par l’union de ce couple consanguin.

Alors ne cherchez pas le rationnel, laissez-vous porter par cette épopée familiale dont je n’ai trouvé aucun équivalent dans la littérature.

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