Une fille avec un livre

Luis Sepulveda, Le vieil homme qui lisait des romans d'amour.

Sepulveda

Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse, il savait lire.

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17 septembre 2018

Le pouvoir de la satire, Fabrice Erre, terreur graphique, éd Dargaud, 70 p.

le pouvoir de la satire

 

Un BD découverte à la médiathèque. Elle retrace l’histoire de la presse satirique de la Révolution Française à nos jours, en passant par Charlie Hebdo.

C’est le drame de Charlie qui fut à l’origine de ce titre, pour répondre aux questions que se sont posées un certain nombre de lecteurs. Dans quelle lignée s’inscrit ce journal ? Pourquoi ces textes ? ces dessins ? Ce vocabulaire employé ? Ce ton ?

La presse satirique n’est pas la plus lu, mais elle est un indicateur du bon fonctionnement de la presse et de la démocratie.

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10 septembre 2018

Léo Perutz, La neige de Saint-Pierre, 217 pages, collection Zulma.

La neige de saint pierre

 

Voici une découverte récente, un roman que j’ai beaucoup aimé pour son contenu, son époque, son style, et ce qui lui est arrivé.

La Neige de Saint-Pierre est sorti en 1933. Léo Perutz est un écrivain juif né à Prague. Il s’est installé en Autriche à Vienne, qu’il quitte après l’Anschluss (Annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie) pour la Palestine. Il est l’exact contemporain de Kafka, et quand je me suis plongée dans cette lecture, je me suis vite demandée dans quel monde j’étais tombé. Mais on ne va pas aussi loin dans l’absurde et on retombe sur ses pattes en comprenant le message.  Quand vous connaitrez le contenu de ce roman, vous comprendrez alors pourquoi, dans ce contexte, il a été interdit quelques mois après la sortie.

Début des années Trente. Georg Amberg est un jeune médecin fraichement diplômé et apparemment peu motivé, recruté par un baron pour soigner les paysans de son village de Morwede après le décès du précédent médecin. Cela, c’est ce dont il se souvient après plusieurs semaines à l’hôpital de la grande ville voisine. Que lui-est-il arrivé ? En cherchant à se souvenir, des bribes reviennent, mais le chirurgien et le personnel lui font comprendre qu’il délire et qu’il est psychologiquement fragilisé après un accident.

Peut-il avoir inventé ce doit il croit se souvenir ? Les recherches scientifiques du baron, la chercheuses ‘’Bibiche’’ croisée lors de ses études, la volonté de manipuler les villageois par l’absorption d’une substance, le souhait de voir revenir une ferveur religieuse comme celle qui poussa la population aux croisades médiévales…

Mais sommes au XXes en 1932, et la ferveur populaire qui se réveille n’est plus tournée vers la foi…du moins pas en Dieu…

Peut-il avoir rêvé tout cela ? Délire-t-il ? en a-t-il trop vu ? Cherche-ton à manipuler sa mémoire comme certains manipulent l’Histoire ?

Nous naviguons entre raison et folie, à la lisière de l’absurde et du fantastique.

Le message était clair, trop même, et pour les nazis, ce livre devait être interdit, ce qui fut fait quelques mois après sa sortie.

C’est un auteur dont j’ai désormais envie de découvrir les autres titres.

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06 septembre 2018

Johan Heliot, La trilogie de la lune, édition Mnémos, 610 pages

la trilogie de la lune

Voici une trilogie écrite par un auteur que je considère comme un ‘’bâtisseur d’univers’’, que j’avais découvert il y a quelques années dans une série en quatre volumes ‘’Ciel’’, qui était de l’anticipation à portée de main, et qui faisait réfléchir sur notre proche avenir et notre relation aux intelligences artificielles. Et l’univers qu’il nous donne à ire dans la trilogie ci-dessous nous plonge comme dans un monde parallèle au nôtre, dans une uchronie, qui revisite les événements de la fin du XIXes et du XXes.

Tome 1 : La lune vous salue bien.

Et si je vous disais que Victor Hugo envoie Jules Verne sur la lune pour retrouver Louise Michel, déporté dans le bagne sélénite après la Commune ?

Le premier roman de cette trilogie est clairement du steampunk, et à travers ce titre et les deux suivants, les nombreuses références intertextuelles montre les auteurs et les genres qui ont inspiré Johan Héliot.

Jules Verne, qui va aller au-delà de ce qu’il a pu imaginer dans ses propres romans. Il va vivre ce que son imagination ne pouvait pas encore concevoir. Verne, ‘’l’homme de la situation, le rêveur qui a sur faire partager ses rêves à des centaines de millions de personnes, le maitre d’empires imaginaires’’.

Mais de quelle situation s’agit-il ? Nous sommes dans les années 1880, Badinguet, l’empereur autoritaire règne depuis plusieurs décennies sur la France. Dans la clandestinité, des hommes tentent de résister, et nous retrouvons des personnalités qui se sont illustrées ou qui ont été témoin des événements de la Commune.

Une rencontre a bouleversé le fonctionnement du pays et de l’accès aux connaissances. Le peuple Ishkiss a permis aux humains d’accéder à un niveau de connaissances jamais égalé, et grâce à eux, Napoléon III a pu conquérir la lune, base de départ pour l’élaboration d’un nouvel empire. ‘’Conquérir d’autres planètes, y implanter des colonies de l’empire napoléonien, comme cela avait été fait dans les vieilles monarchies européennes’’.

Les anciens communards sont tous au bagne, le pire d’entre eux étant désormais sur la lune. Y partir pour ne jamais revenir. C’est là qu’est Louise Michel, dans des conditions épouvantables.

Mais Babirossa, à la tête d’un réseau d’opposants libertaires est sans nouvelle d’elle, militante toujours active. Il lui faut donc infiltrer la base sur la lune par un de ses partisans, et non des moindres, l’homme de la situation, Jules Verne.

Embarquons ‘’en vrai’’ avec l’auteur du ‘’Voyage sur la lune’’ dans le ventre d’un vaisseau Ishkiss.

Que va-t-il trouver sur place ? Va-t-il aller jusqu’au bout de sa mission ? Les enjeux sont lourds de conséquences et les européens de la première moitié du XXes vont en payer le prix.

Tome 2 : La lune n’est pour vous.

Cinquante ans sont passés. Dans la colonie sélénite, la société s’est organisée avec souplesse, l’atmosphère a été par endroit développée, c’est désormais une terre ‘’verte’’.

Sur terre, un grand conflit a bouleversé la configuration géopolitique européenne. Celle-ci est désormais dominée par la société de Thulé, et un homme considéré comme le messi prend de plus en plus de pouvoir. ‘’Lui, le petit caporal de la guerre totale. Ce soir-là, il a ce qu’il appellera plus tard une intuition. Il se lève sur son banc, sa chope de bière à la main, et se tourne vers la fenêtre qui découpe une tranche de nuit dans le mur. Derrière la vitre sale, on aperçoit un croissant de lune bleuté :

-          Nos ennuis viennent de là, pensez-y, clame-t-il tout haut et fort (…) Pendant que nous mangeons notre pain noir, ici-bas, ils se gobergent, là-haut, vautré dans la richesse’’.

 

Le pangermanisme s’étend aux quatre coins du monde, d’ailleurs Albert Londres a ben failli en faire les frais.

Dans ce volume, nous croisons donc le baroudeur Albert Londres, mais ici s’ajoute aussi Léo Mallet, petit cambrioleur, recruté pour ses capacités à ouvrir un coffre.

L’aspect steampunk est un peu moins marqué, mais sommes toujours dans un univers futuriste, une uchronie qui nous permet de revisiter la géopolitique européenne et mondiale, comme dans un monde parallèle : Et si l’Allemagne avait gagné le premier conflit mondial, que ce serait-il passé ?

Puisque la lune et ses habitants sont devenus les boucs-émissaires d’Hitler, que va-t-il bien arriver à cette colonie ? Comment l’exterminer ?

Comment la lune va-t-elle résister ?

Tome 3: La lune vous salue bien.

Et encore une poignée de référence littéraires et musicales au cœur de ce roman. Vian est au centre, mais gravite autour de lui les spécialistes de la littérature SF américaine : Asimov, Borroughs… et du Jazz.

La lune a fui l’orbite de la terre, destination inconnue au fond de l’univers. Mais sur cette lune, ceux qui n’avaient pas demander à y vivre, les enfants des migrants de la première génération, se sont aussi révoltés. Pourquoi leur imposer un voyage vers l’infini qu’ils n’ont jamais demandé ? Alors, dans ce monde libertaire, la révolte, on sait ce que sait, on discute et on offre une chance. Une colonie dissidente se forme sur Mars, pied à terre provisoire avant un éventuel retour sur terre. Quel est l’objectif de ce retour ? Comment seront-ils acccueillis ?

Dans cette uchronie, les américains dominent le monde, un vestige de l’armée nazi tente de survivre en Afrique autour du renard du désert, Rommel. La politique américaine des années 60 est revisitée avec de nombreux clins d’œil culturels.

J’ai un bémol à émettre quant au style, en rupture avec les deux précédents volumes. Johan Héliot joue avec les styles, et dans celui-ci il cherche à coller, je pense à l’époque et au milieu dans lequel évoluait les personnages dans ‘’notre monde’’. La narration est menée par Vian dans un style de pastiche. J’ai cru lire un OSS 117 avec des dialogues de Frédéric Dard. J’ai aussitôt pensé à mes lectures de jeunesse de San Antonio : tournures, argot, expressions, c’est du Sana tout craché, me suis-je dit. Une rupture qui ne m’a pas paru cadrer avec les deux titres précédents.

 

 

03 septembre 2018

Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, Galaade édition 512 pages

et nietzsche a pleuré

 

« L’histoire est un roman qui a été, le roman est de l’histoire qui aurait pu être. »

Mais qu’en est-il de la part du vrai et de la fiction dans ce roman consacré à Nietzsche, dont j’ignorais tout de la vie ?

Car tout est tellement bien ficelé, l’historique comme la fiction, les personnages ‘’vrais’’ et les autres.  C’est pourquoi je commence toujours la lecture par le paratexte (préface, postface et remerciements). Ne négligez jamais ces éléments pour comprendre l’écriture et la genèse d’un roman.

 

1882. Une très belle jeune femme de vingt et un ans d’origine russe, Lou Salomé, cherche à consulter le célèbre Dr Breuer pour qu’il prenne en charge un philosophe encore inconnu du grand public, Friedrich Nietzsche. Mais celui ne doit pas être au courant de la démarche de la jeune femme.

La beauté de Lou Salomé, sa volonté, sa force de persuasion et le mystère autour de son intervention incitent le Dr a prendre ce patients aux maux multiples et douloureux. Pour le traiter, il ne voit qu’un moyen, une méthode qu’il a expérimentée quelques années plus tôt, la thérapie par la parole.

Freud est encore un jeune homme de vingt sept ans, travaillant à l’hôpital de Vienne, mais il est déjà très intéressé par ces pratiques médicales agissant sur l’inconscient. A cette date, il n’est pas encore le thérapeute qui a laissé son empreinte dans la psychanalyse. Cependant, le Dr Breuer le connait bien, il est son mentor. Et à vingt ans près, Nietzsche aurait pu le rencontrer.

Revenons au Dr Breuer et à Nietzsche. Comment faire parler un homme qui refuse de se confier ? Un nouveau subterfuge est mis sur pied, un rapport particulier ce tisse entre ces deux-là. Vous allez alors assister à de riches échanges entre ces deux esprits et à la mise en forme de la pensée nietzschéenne. A cette date, Zarathoustra est encore en gestation et les pensées sont en cours d’élaboration.


30 août 2018

Compte-rendu de lecture, Le problème spinoza 552 pages poche

le pb spi

   

Le problème Spinoza peut se ranger sous de multiples étiquettes tant il est riche.

Tout d'abord, il s'agit bien d'un roman, un roman de la vie intérieure de deux hommes, Spinoza, au XVIIes, et Rosenberg, au XXes. Comment ces deux biographies ont-elles pu se croiser?

Yalom s'est intéressé à la vie intérieure de ses personnages, car, surtout pour pour Spinoza, il y a peu de sources en raison du mode de vie qu'il a choisi.

Spinoza est un juif d'Amsterdam du XVIIes, promis à un bel avenir de théoricien de la religion. Mais, à l'âge de 23, il est exclu de la communauté, pour avoir professé des idées hérétiques (du point de vue des rabbins). Il choisi de vivre libre, ''la liberté comme antidote (...) libéré du joug de la tradition''. Il vit selon sa conscience, en essayant de coordonner ses actes à ses idées.

Alfred Rosenberg est un jeune homme balte d'origine allemande, qui se prend très tôt d'engouement pour le théoricien raciste Chamberlain, à qui il vouera un culte. C'est le déclencheur de tout un raisonnement et d'un processus de pensées qui vont faire de lui le téoricien de l'idéologie nazie. C'est lui qui soulève le problème Spinoza, qui le hantera toute sa vie. Comment un juif (même bani, le reste impure) peut-il développer des idées dans lesquelles lui, Rosenberg, pur allemand (selon lui, car des doutes sont cependant permis), se reconnait aussi profondément?

C'est grâce à ce problème que le roman a pu voir le jour. Cette rencontre (Rosenberg prend possession au nom du Reich de la bibliothèque de Spinoza) donne du relief à l'histoire du philosophe du XVIIes et permet à Irvin Yalom d'avoir une ''histoire'' pour écrire uun roman. Il va donc ainsi rédiger ''un roman qui aurait pu se produire'' en reconstituant, à l'aide de personnages et de faits réels, deux vies, dont certains éléments sont cependant fictifs, pour dynamiser la narration.

Parmi la fiction, deux personnages qui interviennent comme des révélateurs. Franco et le Dr Pfister.
C'est devant Franco que Spinoza dévoile pour la première fois de façon structurée sa pensée hérétique (ce qui le perdra). Cependant, ce jeune marane avide de connaissances et d'études va rester en contact avec le philosophe. Leurs rares entretiens clandestins vont permettre à Franco de mettre le doigt sur les faiblesses du raisonnement de Spinoza. Celui-ci en a conscience et ne s'en offusque pas. Il apprécie au contraire ces remarques qui lui permettent de progresser.
Le Dr Pfister, ami d'enfance du frère de Rosenberg, devenu psychanalyste, va tenter de mettre Alfred Rosenberg devant ses contradictions et ses excès. En vain.
L'un, à l'esprit ouvert, fait tout pour que la raison l'emporte sur les passions, l'autre, obtus, laisse ses passions dominer sa raison.

Deux idéologues.
L'un de l'universalité de DIeu en dehors de toute religion, un Dieu qui est Nature et qui n'interfère pas dans la destinée des hommes, cet aspect relevant de la superstition, banie par la raison.
L'autre de la supériorité d'une race sur toutes les autres, et n'hésitant pas pour cela à cautionner les pires horreurs de l'histoire. Il sera pour cela condamné à mort à Nuremberg.

Irvin Yalon nous présente donc deux portraits, comme deux miroirs inversés. Un livre qui se lit lentement, pour bien comprendre, mais facilement, en raison de l'alternance des chapitres consacrés à tour de rôle à Spinoza et à Rosenberg. Ces portraits sont aussi des miroirs du XVIIe et du XXes, pour comprendre comment ces pensées naissent et se développent, en raisonnance avec les événements qui influencent leurs auteurs.

 

27 août 2018

Irvin Yalom, La méthode Schopenhauer, Galaade édition, 552 p.

la méthode schopenauer

Voici un livre de psychothérapie qui se lit comme un roman.

Après avoir lu Comment je suis devenu moi-même, je retrouve des traits de l’auteur sous le personnage de Julius Hertzfeld. Le métier, le mode de vie, les pensées. Ainsi, Julius est psychothérapeute depuis des décennies. Lors d’un contrôle médical de routine, on lui découvre un mélanome mortel. Un an de bonne santé environ l’attend. Un an encore. Ou un an seulement. Un an qui passe vite quand l’épée de Damoclès reste en permanence au-dessus de votre tête.

Les premiers jours relèveront du chaos. Comment vivre ce temps qui nous reste ? Qu’avons-nous fait de notre vie ? Comment avons-nous vécu ? Avons-nous été ce que nous sommes (référence à Nietzsche que nous retrouverons dans un autre titre de l’auteur).

Au cours de sa longue pratique de thérapeute, Julius a-t-il échoué à sauver un patient ? C’est le moment de mettre le nez dans les vieux dossiers. Un nom lui revient alors très vite, celui de Philip Slate, dont la thérapie, pendant trois ans, vingt ans plus tôt, fut semble-t-il un échec total. La reprise de contact est à l’image de ce que fut leurs échanges, mais le patient a pourtant évolué. Consultant à l’époque pour une addiction au sexe, comment a-t-il fini par s’en sortir ? Qu’est ce qui ou qui a bien pu le sauver ? Comment cet homme asocial, apparemment coupé de la vie, est, aussi bizarre que cela puisse paraitre, devenu conseiller en philosophie et a besoin d’un tuteur pour devenir thérapeute ?

Un lien particulier va se créer entre Julius et Philip. Julius accepte de le tuteurer à condition que Philip suive sa thérapie de groupe pendant six mois. Côtoyer d’autres personnes, compatir, se confier, s’épancher…un comportement apparemment impossible pour Philip Slate. Comment va-t-il évoluer ? Et le groupe en sa présence ?

Et pendant ce temps, on en oublierait presque que les jours de Julius sont comptés.

Ce n’est pas un livre d’action, comme tous les ouvrages de Yalom, mais un roman qui fait réfléchir sur l’existence, sur la vie à l’approche de la mort.

Si vous aviez la possibilité, au moment de votre mort, de revivre votre vie à l’identique, accepteriez-vous ? Alors, autant vivre sa vie le mieux possible pour être en accord avec soi-même et ne rien regretter.

C’est là que va le plus souvent intervenir Schopenhauer dont la vie a grandement aidé Slate. Slate, comme une incarnation contemporaine de Shopenhauer par sa manière de vivre.

 

« Un peu de bienveillance et de chaleur, disait Schopenhauer, permettent de manipuler les gens, de la même manière qu’il faut d’abord chauffer la cire pour pouvoir ensuite la modeler »

« Aucune plume ne peut rien écrire qui n'ait trempé dans la noirceur de na nuit. »

« Rester attentif au miracle même de l’existence : ne pas se demander comment sont les choses, mais être en permanence émerveillé que les choses soient, qu’elles puissent simplement exister »

23 août 2018

Irvin Yalom, Le jardin d’épicure, Gallade édition, 312 pages

Le jardin d'épicure

C’est un petit livre qui fait réfléchir, angoisse ou rassure, selon l’âge de la vie à laquelle on le lit.

Quelle est la cause profonde de l’angoisse qui nous hante au plus profond de nous à certains âges de la vie ou lors de certains événements ? La mort.

La mort, nous y sommes tous confrontés, en côtoyant la mort brutale et imprévue d’un ami, d’un accident, la perte d’un proche, la maladie. Mais si la mort détruit physiquement, vivre avec l’idée de la mort n’est pas toujours facile. Comment la surmonter ? Comment l’idée de la mort peut-elle faire vivre ? sauver ?

Irvin Yalom porte ‘’un regard droit et assuré sur la mort’’ a travers ses multiples observations de thérapeutes au cours de ses décennies de pratiques.

Alors, les noms et professions de ses patients sont évidemment modifiées, mais la situation est reproduite et à travers ces exemples l’auteur aborde différents processus de réflexion.

On peut s’identifier à certains exemples, certains personnages, ce livre est en fait une boite à outil pour surmonter ses angoisses.

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20 août 2018

Irvin Yalom, Robert Berger, En plein coeur de la nuit, Gallade édition

en plein coeur de la nuit

« Un jour peut-être, me taquinait-il, si tu es patient, je t’en dirai plus’’ disait Robert Berger à Irvin Yalom lorsque celui-ci l’interrogeait sur son passé.

Robert (Bob) Berger est un grand chirurgien du cœur, ami de 50 ans de Yalom, lui-même psychanalyste de renommée internationale, et auteur de roman portant sur la psychanalyse. Berger fuyait toujours les questions de son ami sur son passé. Jusqu’au jour où…

‘’Lorsque Bob me pris le bras, je sus que l’heure était grave’’

Son parcours est atypique. Survivant de la Shoa, arrivé seul à Boston à l’âge de 17 ans, il devient à fore ce travail l’un des plus grands chirurgiens du cœur et un travailleur infatigable. Enseignement, chirurgie, recherche…Mais la nuit, le monde obscur de son passé ressurgit et le hante.

Un événement a fait remonter à la surface certains épisodes de ce passé longtemps refoulé, un ‘’point de repère qui […] a permis de tirer [ton histoire] du frigo où elle était stockée. Le rêve est violent, sanglant. Alors Irvin Yalom l’assure, il est innocent. Innocent dans son rêve comme il était innocent dans son passé traumatisant vécu à l’âge de 15 ans. Les deux amis peuvent alors s’étreindre et reprendre chacun leur chemin de vie.

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16 août 2018

Meryem Alaoui, La vérité sort de la bouche du cheval, Gallimard, 260 pages

Alaoui, La vérité sort de la bouche du cheval

Une découverte, puisqu’il s’agit d’un premier roman de cette rentrée littéraire reçu en avant-première grâce à Babelio et aux éditions Gallimard.  Et une découverte que j’ai tout de suite appréciée.

Ce roman est rédigé comme s’il était le journal dans lequel Jmiaa notait régulièrement ses impressions sur sa vie.

Après un mariage raté, elle se prostitue, faut bien vivre. Surtout, elle a une fille à nourrir. Mais ses conditions de vie difficiles ne l’abattent pas et c’est l’esprit vif et la langue acérée qu’elle observe autour d’elle la société dans laquelle elle vit, et cela aurait pu durer encore longtemps si son chemin n’avait pas croisé celui de Chadlia (dite Bouche de cheval en raison d’un trait physique).

Chadlia recherche une femme de quartier pour la guider dans son scénario. Jmiaa doit juste lui raconter sa vie au quotidien, sans fioriture, pour que le scénario s’ancre dans la réalité. Mais une actrice professionnelle qui n’a pas connu la rue saurait-elle vraiment incarner le personnage d’Hasna ? Alors Jmiaa saisit sa chance au vol…

 

 

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