Une fille avec un livre

Luis Sepulveda, Le vieil homme qui lisait des romans d'amour.

Sepulveda

Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse, il savait lire.

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14 janvier 2019

Mickael Connelly, Echo Park, Point 429 p

echo park

 

Echo Park est un quartier de LA, huppé et côté. Dans le garage d’un immeuble, une voiture abandonnée dont la propriétaire a disparu. Treize ans plus tard, l’affaire n’est toujours pas résolue et obsède l’inspecteur Harry Bosch. Tous les six mois, il ressort le dossier, dans l’espoir vain de trouver quelque chose qui leur avait échappé.

Jusqu’au jour où cette enquête croise la route d’une autre, très médiatisée. Bosch se replonge alors dans cette affaire qui l’a toujours habité, il doit démêler les écheveaux embrouillés qui se présentent à lui.

J’avais laissé tomber le roman policier depuis plusieurs mois, ne parvenant plus à lire d’histoires violentes. J’ai replongé avec Connely et les enquêtes d’Harry Bosch  qui mettent l’accent sur l’enquête, l’enchainement des faits plus que sur l’horreur, même si elle est sous entendue et bien présente.

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07 janvier 2019

Stephen Zweig, Amok, Livre de poche, 117 p

amok

 

Un petit retour dans l’univers de Stephen Zweig, dont je n’avais pas ouvert un livre depuis longtemps. L’amok désigne une sorte de folie meurtrière malaise. Et la folie, vous allez la vivre et en être témoin au côté du narrateur.

Celui-ci arrive au port de Naples après avoir embarqué en Inde. Sur le bateau, c’est un melting pot social, une promiscuité qu’il a beaucoup de mal à supporter. Alors, il lui reste une solution : sortir la nuit et dormir le jour dans la moiteur étouffante de la cabine.

La nuit, sur le pont, il est seul. Ou du moins le croit-il un certain temps. Jusqu’à apercevoir le rougeoiement d’une cigarette. Un homme est là, dans un coin, avec une bouteille et un verre. Un homme qui veut se confier, mais le narrateur le fuit.

Le lendemain, à la même heure, il ne peut s’empêcher de revenir, comme aimanté. L’homme est là, qui l’attend. Un nouveau récit s’ouvre, trois heures durant. Le récit d’un amour soudain et violent. Le récit d’une folie qui ne peut guérir, d’une fuite de cet amour et de cette folie. Un récit triangulaire, dans lequel le premier narrateur (le voyageur qui cherchait à quitter l’Inde) s’efface pour laisser la place au narrateur 2 et la femme.

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31 décembre 2018

Nadia Coste, Rhizome, Seuil, 349 pages

Nadia Coste, Rhizome, Seuil, 349 pages

 

Voici

rhizome

un livre que j’ai découvert avec plaisir grâce à une masse critique jeunesse, et que mon compagnon est en train de lire, lui qui ne lit habituellement pas du tout.

2081. La terre est tellement polluée que les hommes ne pourraient pas vivre sans les plantes qui purifient l’air à grande échelle.

En dehors des grandes tours d’immeubles (Plus de 750 m, constituées comme des villes, avec ses dirigeants, plus on vit haut, meilleur est le standing), l’air est pollué. En dehors, les personnes extérieures cultivent ce qui sert à nourrir les habitants de ces immeubles, mais l’espérance de vie est réduite.

Mais les plantes cherchent parfois à s’étendre en dehors des zones dans lesquelles elles sont parquées. Le professeur Bergeret est payé pour trouver la solution.

Jaro Khoïsan est l’un des chercheurs qui accompagne le professeur. Les plantes de l’extérieur, il les voit, les analyse et cherche à comprendre leur développement et leur évolution. Et c’est justement pendant l’une de ses excursions en extérieur qu’il inhale par mégarde les spores de l’une d’entre elle.

Ces plantes, comment communiquent-elles entre elles ? Comment entrent-elles en communication avec l’espèce humaine ? Comment ont-elles évolué ?

Jaro va se retrouver malgré lui porte-parole des plantes auprès des autorités, ces plantes qui ont si peur de ce que les hommes peuvent leur faire. Mais ce messager va se retrouver confronté à la société dans laquelle il vit, ce monde ultra moderne, rempli de capteurs et de détecteurs, dans laquelle sa liberté s’arrête…là où commence celle des dirigeants et leur inconscience… Car en 2081 comme en 2018, c’est l’argent et les grands groupes aux intérêts multinationaux qui régissent le monde et l’homme, pourtant conscient de la difficulté de son avenir, ne peut pas s’empêcher de faire le mal en voulant dompter la nature. Une première catastrophe écologique n’aura donc pas suffi ?

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24 décembre 2018

Andrée Chédid, L'enfant des manèges, et autres nouvelles, Flammarion, 83 pages

L'enfant des manèges

En travaillant sur le roman d’Andrée Chédid, L’enfant multiple, voici que je découvre un recueil de nouvelles appelé L’enfant des manèges. Alors, je le commande et je me plonge dans l’ouvrage.

L’enfant des manèges est le titre de la troisième nouvelle, qui est, je pense, à l’origine du roman que j’étudiais. On retrouve toute la trame et les personnages, à quelques nuances et prénoms près. Mais le principe de la nouvelle étant d’être courte, il faut donc condenser, et la chute doit marquer les esprits. En cela, la fin de la nouvelle ne correspond pas à celle du roman, mais je n’en dis pas plus.

Toutes les nouvelles du recueil respectent le fonctionnement des histoires courtes. Elles ont brèves (19 pages pour la plus longue), une seule action, peu de personnages et un ordre chronologique.

Plongez avec moi dans l’univers d’Andrée Chédid, conteuse qui vous plonge dans son monde, perdez-vous dans ces régions chères à l’auteur (Egypte, Liban), et noyez-vous dans les valeurs qui sont les siennes, la fraternité, la générosité, la solidarité.

 

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17 décembre 2018

Kristin Kimball, Une vie pleine, Mon histoire d’amour avec un homme et une ferme. France Loisir, 310 pages.

Une vie pleine

En période de crise, les gens retournent à la terre. Kristin Kimball est-elle en crise ? Journaliste touristique, pigiste, la trentaine, urbaine en talons aiguilles, volontiers noctambule, rien ne semblait la prédisposer à un retour à la terre aussi radical. Rien, sauf l’interview d’un agriculteur du fin fond de la Pennsylvanie.

Alors, du jour au lendemain, elle plaque tout pour le suivre lorsque se présente l’occasion. Démarrer à zéro dans une ferme où rien n’a été fait depuis des décennies. Mais surtout choisir une orientation particulière : une agriculture de proximité, le retour au localisme, avec la volonté de proposer tout le frais nécessaire, pour ne pas avoir à aller faire ses courses au supermarché le plus proche.

Et quand on part de rien, à deux, le travail est titanesque, surtout lorsque les moyens financiers sont réduits et qu’on fait le choix du manuel et de l’équipage tracté par les chevaux.  

Sept ans après l’installation, Kristin se décide à partager son expérience de retour à la terre. Vous allez alors lire ses coups de cœur, les envolées d’optimisme, les découragements, le moral qui fait du yoyo selon les aléas de la vie et du climat.

Je suis entrée avec méfiance dans ce livre, pour finalement me laisser porter par ce témoignage, sa naïveté, son enthousiasme, ses réflexions.

 

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10 décembre 2018

Johan Heliot, Frankenstein 1918, L’Atalante, 245 pages.

frankenstein 1918

 

Edmond Laroche-Voisin est un obscur historien parisien vivant dans la France occupée. Depuis 1914 et la Guerre Terminale, la Prusse domine l’Europe. Le Sud de l’Angleterre jusqu’à Londres n’est plus qu’un tas de ruines radioactives plongées dans un hiver glacial depuis plusieurs années.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Edmond, par le plus grand des hasards, est tombé sur un carnet secret trouvé par Hemingway. Les carnets de Victor, le premier non-né fabriqué « à la chaine » en 1915, sous la direction de Churchill et sur les indications laissées par le savant Frankenstein. Des non-nés conçus pour faire pencher la balance dans la guerre et enfin prendre le dessus sur les prussiens. Mais voilà, tout ne va pas se passer comme prévu…

Comme à son habitude, Johan Heliot revisite l’histoire en s’inspirant des grands noms de la littérature, et ici, cette fois, c’est Mary Shelley qui est mise à l’honneur.  ET le personnage, Victor, est soumis à rude épreuve sur plusieurs décennies.

L’auteur envisage un autre futur au passé dans cette uchronie, quelque chose qui fait froid dans le dos et qui amène à réfléchir sur de nombreux sujets d’hier et aujourd’hui, sur notre nature, notre avenir.

« Aussi, croyez-vous ou non en l’existence de Victor, mais n’oubliez pas le sacrifice des générations qui vous ont précédé et rappelez-vous les leçons de l’histoire, car c’est le seul moyen d’éviter les erreurs de vos ainées »

03 décembre 2018

Boualem Sansal, Le train d’Erlingen, Gallimard, 148 p.

le train d'erlingen

Nous sommes à Erlingen, une petite ville allemande, une communauté repliée sur elle-même, symbolisant dans son fonctionnement ce qui pourrait se passer au niveau national.

Ute, dame âgée, riche héritière d’un empire économique mondial, observe avec un certain recul ce qui est en train de se produire, l’invasion, l’encerclement par un envahisseur non nommé, pas encore vu (quoi que), inqualifiable. Il guette, surveille, oppresse. La cité doit être évacuée par train, et ce qui se décide à ce sujet n’est pas sans rappeler de sombres heures de l’histoire. Ute écrit à sa fille Hanna, vivant à Londres. Les lettres ne partent pas et seront trouvées par Hannah à la fin des événements.

France, cité de la région parisienne. Elisabeth Potier vient de décéder quelques temps après une violente agression dans le RER, après une manifestation anti islamiste. Nous sommes peu de temps après l’attaque du Bataclan. Cette retraitée de l’éducation nationale devenu préceptrice d’une fillette allemande de bonne famille se réveille de son coma dans la peau d’une autre.

 

Quel lien établir entre ces deux histoires ? la structure du roman m’a d’abord déconcertée. Elle m’a amené à m’interroger et m’interroge toujours. Je me demande si je suis passée à côté de quelque chose.

Que symbolise la renaissance dans cette autre identité ? Est-ce que cela relève d’une métamorphose de l’esprit ? De quoi veut-elle se protéger ? J’aimerais creuser davantage ici ma réflexion, mais je crains que cela ne spoile un peu trop la seconde partie du roman.

« Quand avons-nous cessé d’être intelligents, ou simplement attentifs ? »

« Si les écologistes du monde entier se retiraient comme lui [Thoreau] dans des ermitages naturels pour y vivre de leurs potagers et de leurs nobles pensées, le problème de la santé de la planète prendrait une autre tournure, on cesserait de parler des écologistes et de leurs états d’âme pour enfin parler d’écologie et de saine philosophie »

« Croire, c’est accepter de se laisser abuser »

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26 novembre 2018

Antoine Compagnon, La littérature, pour quoi faire ? Pluriel, 75 pages.

la littérature pour quoi faire

 

Ce petit opus est la leçon inaugurale au Collège de France, dans laquelle il aborde le comment et le pourquoi enseigner l littérature moderne et contemporaine aujourd’hui, au XXIes. Surtout le pourquoi. Quelle est son utilité ? Sa pertinence ?

Le pourquoi est- une question qui revient très souvent en classe de la part des élèves en bac pro, réfractaires aux cours d’histoire et de français. ‘’ça sert à quoi dans la vie ? »

Quand je leur réponds la citation de TS Eliot, ils me regardent avec de gros yeux.

TS Eliot : « La littérature peut être décrite tout simplement comme ce qui rend la vie digne d’être vécue »

Mais aussi, Italo Calvino : « Ma confiance en l’avenir de la littérature repose sur la certitude qu’il y a des choses que seule la littérature peut nous donner »

Barthes : « La littérature ne permet pas de marcher, mais elle permet de respirer »

F Bacon : « La littérature rend un homme complet, a conversion rend un homme alerte, et l’écriture rend un homme précis. C’est pourquoi si un homme écrit peu, il doit avoir une bonne mémoire, s’il cause peu, il doit avoir l’esprit vif, et s’il lit peu il doit avoir beaucoup de ruse, pour paraitre savoir ce qu’il ne sait pas »

Bref,  la littérature rend meilleur en évitant le recours à la sournoiserie et à l’hypocrisie, la littérature éduque. Elle libère l’individu de la sujétion aux autorités en lui enseignant la justice, la tolérance, à penser par soi-même. La littérature est d’opposition, elle a le pouvoir de contester la soumission au pouvoir.

 

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19 novembre 2018

Alain Mabanckou, Les cigognes sont immortelles, 293 pages, édition Seuil.

Les cigognes sont immortelles

Ce livre est un roman, mais fortement inspiré de la jeunesse de l’auteur à Pointe Noire entre maman Pauline et Papa Roger. Mais ici Alain est représenté par Michel, collégien rêveur, témoin des bouleversements de l’Histoire de son pays. Mars 1977, le président est assassiné et à la grande surprise de l’enfant, cela ne sera pas sans répercussion sur sa famille.
Michel est le narrateur. Et c’est donc à travers le regard de ce garçon que nous voyons ce qui se passe dans la famille, à Pointe Noire et au-delà. Les écrits sont de l’oral couché sur le papier. J’aimerai entendre ce livre lu avec le ton, le rythme marqué par la ponctuation, tel que je l’entends dans ma tête en le lisant. C’est frais, vivant, parfois naïf, très affuté, grâce à la distance donnée par le regard enfantin.
Michel est un prétexte, un passeur, un outil pour décrire le Congo des années 70, la relation France-Afrique, a colonisation tel que les habitants la vivaient. C’est un cours d’histoire vu du Congo et raconté par un congolais. Je pourrais recopier des pages en exemple. Un régal pour moi.

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