Une fille avec un livre

Luis Sepulveda, Le vieil homme qui lisait des romans d'amour.

Sepulveda

Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse, il savait lire.

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12 novembre 2018

Marc Trevidic, Le magasin jaune, Seuil, 316 pages

le magasin jaune

C’est le deuxième roman de l’auteur, mais le premier que je lis. Une belle histoire.
Le magasin jaune vend des jouets et fait rêver. Om fait revivre le quartier. Le magasin jaune, c’est Gustave et Valentine, jeune couple amoureux, rêveur et travailleur. Leur fille Germaine, surnommée Quinze, vient bientôt agrandir la famille. Mais en même temps que l’ambiance de la famille s’assombrit, les allemands arrivent, Paris est occupé. Comment va-t-on voir passé la guerre dans le magasin jaune ?

05 novembre 2018

Bernard Scarpa, Thagaste, l’enfance détricotée de Souk-Ahrras à Périer. Edition du Patrimoine Normand, 159 pages.

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‘’42 ans, 9 mois et 25 jours, 15639 jours après avoir quitté en urgence l’Algérie, Bernard Scarpa revient sur les terres de son enfance, les terres où il a grandi heureux et insouciant.

Alors, fouler le sol natal si brusquement quitté n’est pas sans ramener de nombreux souvenirs qui refont surface à chaque lieu visité. Un pèlerinage d’une semaine pour remonter aux racines, pour retourner dans tous les lieux où il vécut. Un pélerinage organisé, sans rancœur pour ce départ brutal.

Chaque lieu est l’occasion de souvenirs qu’il nous raconte, dessinant ainsi un portrait heureux et coloré de l’Algérie, à travers le regard de l’enfant qu’il était. Un enfant insouciant qui avait des amis de toutes les religions, de toutes les origines. Mais néanmoins un enfant faisant la différence entre sa position et celle des algériens. Alors que j’étais surprise de l’absence apparente de distinction entre les habitants et les cultures qui l’entourent, je l’entends s’exclamer page 86 : ‘’ C’est bizarre, il n’y a pas un seul Indigène dans les rues’’. Nous sommes alors en 1956, et la phrase est brutale. Elle nous replonge immédiatement dans le contexte des ‘’évènements d’Algérie’’ débuté depuis deux ans.

Je me dis alors que le jeune Bernard issu d’une famille avec une bonne éducation, n’avait peut-être pas conscience de la poudrière dans laquelle il vivait. Il était loin de la politique et vivait heureux avec ses amis, sans aucune distinction. Bref, l’enfance…

 

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30 octobre 2018

François Vallejo, Hôtel Waldheim, viviane Hamy, 298 pages

hotel waldheim

Encore une lecture intéressante qui m’a été conseillée il y a peu de temps.

Jeff Valdera reçoit des cartes postales anonymes qui lui rappellent ces vacances adolescentes.

Il a alors 16 ans et accompagne sa tante Judith un mois à l’Hôtel Waldheim, à Davos, dans les Alpes Suisses. Un hôtel qui m’a très vite fait penser à l’Hôtel Bertram, d’Agatha Christie. Vous savez, cet hôtel so british en surface…mais qui cache bien des choses…

A seize ans, quand on a une haute estime de soi, on barbe vite les autres, on manque de finesse, on ne se pose pas de question, ou alors, pas les bonnes. Il joue le soir aux échecs avec l’un des clients, ou alors au jeu de go avec un autre. Il sympathise avec une vieille dame passionnée de Tomas Mann, il s’ennuie, et passe du temps avec l’hôtelier, ancien prof d’histoire aimant transmettre ses connaissances à un jeune intéressé. Sinon, il sert de messager les uns envers les autres, pour s’occuper. Autrement, l’ennui se fait sentir. Il passe ses journées sur les chemins alpins à se prendre pour un alpiniste. Bref, des vacances tranquilles, à penser aux jeunes filles de son âge absente de son lieu de villégiature…

Les cartes postales qu’il reçoit trente ans plus tard laissent penser qu’il serait passé à côté de quelque chose. Quoi ? s’il le savait lui-même…et pour cela, il doit rencontrer l’expéditeur.

Qui est cette femme qui l’accuse quasiment d’être complice de la disparition de son père ?Que veut-elle lui faire dire ?

Nous plongeons dans la reconstitution de la mémoire. A partir de quelques faits de rien du tout, il reconstruit ce à côté de quoi il serait passé. Mais oriente-t-on sa mémoire ? Peut-on la manipuler ? Il en vient à s’interroger.

Lorsqu’il apprend le nom de la personne concernée, il se dit : « c’est la première fois que je repense à lui. Cinq minutes plus tôt, j’aurais nié son existence. Je ne sais pas comment s’y prend Frieda Steigl, elle a le don du ressouvenir’’.

D’un côté, page 141, on s’interroge sur ce qu’il cache. « Parlons froidement : je ne vais pas cracher le morceau comme ça. J’ai ma version, je la maintiens ». De l’autre, il était « le petit français pas fiable (…), le petit vacancier français qui prenais le téléphérique avec sa vieille tata (…) pour passer le temps de ses vacances en compagnie de gens trop vieux pour lui ».

Alors, qu’en est-il ?

Rappelons le contexte : Nous sommes au milieu des années 1970, dans la partie orientale de la Suisse, pas très loin de l’Autriche. Le gamin ne parle presque pas allemand, mais répond par politesse ‘’oui’’ ou ‘’non’’ selon l’intonation de la question posée et le contexte. Nous sommes en pleine guerre froide, et des transfuges de l’est passent à l’ouest via la Suisse…Les archives de la stasi parle du rôle du jeune Jeff Valdera, seize ans…Que nous cache-t-il ? Qu’occulte-t-il

 

Citations :

« En fait de tropiques, je me retrouvais dans les Alpes Suisses (…) j’avais envie d’étudier avec une bienveillance toute neuve chez moi les usages d’une tribu hôtelière aussi exotique qu’une tribu indienne au Brésil »

« Ce n’est pas rien de ne plus maitriser qui on est, au moins qui on a été, ce qu’on a fait ou pas fait, ce que d’autres ont fait de soi. Nous avons vécu la même histoire, et une autre. Comment est-ce possible ? Ou alors c’est toute notre vie qui est comme ça, on se goure jour après jour sur ce qu’on croit vivre, la plupart du temps sans s’en apercevoir »

23 octobre 2018

Mana Neyestani, L’araignée de Mashhad, ‘’ça et là’’, Arte édition, 161 pages.

l'araignée de mashhad

Voici un roman graphique qui m’a beaucoup plu aussi bien pour l’histoire que pour la forme, le dessin, la manière dont c’est mis en scène. Je ne connais pas grand-chose à ce type d’œuvre, je pense qu’il y a un vocabulaire spécifique pour ce que je vais décrire, mais je ne le connais pas.

D’abord, l’intrigue. C’est une mise en image d’un documentaire réalisé par Mazar Bahari, journaliste irano-canadien travaillant pour Newsweek, arrêté et torturé en 2009. Son documentaire s’intitule And along came a spider, l’histoire d’un tueur en série s’en prenant aux prostituées de la ville chiite de Mashhad. Il n’a jamais pu être projeté en Iran. Mashhad, ville sous la coupe d’un imam fondamentaliste. Seize prostituées ont été retrouvées, étranglées, revêtues d’un tchador noir. Les crimes auraient pu se poursuivre encore longtemps. Qui est Saïd Hanai, le tueur en série ?

Ce roman graphique tente de répondre à la question. La journaliste Roya Karimi a été autorisée à interviewer le tueur araignée dans la prison, avant sa condamnation. Elle le rencontre avec un cameraman et cherche à comprendre ce qui l’a conduit à ces gestes extrêmes. Puis nous voyons l’interview de la femme du tueur.

C’est un arrêt sur image de la condition de vie en Iran dans un état autoritaire, dans une ville où le fondamentalisme religieux régit la vie quotidienne.

J’ai beaucoup apprécié la force de cette BD. L’attitude, le maintien des personnes, les gros plans, les zooms avant ou arrière nous donnent des vues d’ensemble ou nous plonge au cœur de l’histoire. Et on voit peu à peu l’étau se resserrer au fur et à mesure que l’araignée étend sa toile.

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15 octobre 2018

Elsa Osario, La capitana, éd Métaillié, 333p.

la capitana

Elsa Osario est une argentine qui, fortuitement, entendit parler d’une argentine ayant combattu dans les rangs républicains pendant la guerre d’Espagne. Qu’allait-elle faire, si loin de chez elle, cette capitaine meneuse de miliciens décédée à Paris en 1992 ?

Il s’agit de Micaela Feldman, devenue Mika Etchebehere.

Ce roman est le fuit d’une longue enquête sur cette femme, son parcours, son engagement en Amérique du sud et en Europe. Mais c’est bien un roman avec une alternance dans les chapitres, des dates, des événements, une trame narrative, où les blancs sont comblés par la fiction, tout en étant guidé par des archives et des témoignages de personnes l’ayant vraiment connue.

De Buenos Aires à la Patagonie , de Paris à Berlin puis à la guerre d’Espagne, Mika a deux amours : Hippolyto Etchebehere et son engagement anarchiste, l’un n’allant pas sans l’autre.

Comment vraiment la définir ? anarchiste, révolutionnaire, antistalinienne, antifasciste de la première heure, de tous les combats.

 

 

08 octobre 2018

Irvin Yalom, Mensonge sur le divan, livre de poche, 616 pages

mensonge sur le divan

irving Yalom nous donne ici un roman sur la psychanalyse. On pense au départ que tout va tourner autour du Dr Lash et de CArol. En fait, Yalom fait beaucoup de digressions sur d'autres patients, des collègues des uns, des autres. Mais en fait, le personnage principal est la thérapie elle-même: courte, longue, transfert érotique, contre-transfert, toucher ou non ses patients, dire ou non la vérité, montrer ou non ses sentiments quand on est thérapeute, comment amener un psy à s'auto-analyser...
Finalement, toutes ces digressions se rejoignent comme les pièces d'un puzzle. le dernier chapitre se referme sur les mots du Dr Lash qui va avoir enfin toute la vérité de la part de Carol: il va être servi.

 

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01 octobre 2018

Erik Orsenna, Nicolas Gilsoul, Petit précis de la mondialisation tome V, Désir de ville, éd Robert Laffont, 284 pages.

désir de villes

 

4e de couverture : A ce jour, mars 2018, cinquante agglomérations dépassent, sur notre planète, les dix millions d’humains. Soixante-cinq millions à Hong-Kong et dans les alentours de la rivière des Perles ; trente-cinq millions pour Jakarta…

D’Ores et déjà, la moitié de nos compatriotes vivent en ville. Bientôt, dans quinze ans, dans vingt ans, ce seront deux tiers…

Et si la ville était le creuset de toutes les inventions, le plus formidable des réservoirs de la vie ? Voilà pourquoi, en pestant, en ronchonnant en rêvant de campagne, on se précipite pour y vivre. Alors bienvenue dans deux cents villes d’aujourd’hui, dont trente françaises, de Paris à Guéret, de Lyon à Montfermeuil. Bienvenue dans la vie moderne.

 

Poursuivant la lecture des petits précis de la mondialisation d’Erik Orsenna, avec un peu de décalage par rapport à sa sortie, me voici avec Désir de ville, le tome 5. Cela tombe bien, la mondialisation est au programme de première, et les villes sont aussi concernées. Oui mais voilà, j’aurais désiré autre chose…

Je reste sur ma faim. J’aurais apprécié une vision plus géographique de la ville, imbriquée dans la mondialisation. De plus, j’ai eu l’impression de me trouver dans un plan à tiroir qui juxtapose des ‘’types’’ de villes, en manquant de vue d’ensemble. Cela c’est pour la forme.

J’ai cependant appris des choses, et j’ai surtout un panel d’exemple à creuser pour illustrer des cours.

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24 septembre 2018

Compte-rendu de lecture, L’avant-scène théâtre, n° 1446, La machine de Turing, Benoit Soles

la machine de turing

 

Certains scientifiques, mathématiciens ont marqué leur époque et laissé leur nom dans l’historie des sciences et dans l’Histoire tout court. D’autres ont mis des décennies à passer à la postérité, c’est le cas d’Alan Turing.

Début des années 50. Victimes d’un cambriolage, un homme se présente au commissariat pour porter plainte. C’est Alan Turing. Il est mal à l’aise, maladroit et ses déclarations ne se recoupent pas toujours, il attire la suspicion.

Qui est cet homme ?

Entre ces moments au présent (1952), des scènes nous replongent dans le passé de cet homme. Ses capacités intellectuelles. Ses dons en mathématiques. Son engagement dans la seconde guerre mondiale et sa contribution à la victoire des alliés sur les nazis. Oui, car c’est pour cela que doit être connu Alan Turing, et non les raisons qui ont poussé l’Angleterre à attenter un procès contre lui. C’est LUI qui brisa le code Enigma qui cryptait les messages nazis.

Alors, pourquoi cet oubli pendant des décennies ?

Lorsqu’il porte plainte en 1952 pour vol, il incrimine un homme dont il fut très proche. Et, dans l’Angleterre de cette époque, c’est un crime. Alors, la victime du vol devient un criminel condamné qui tombe dans l’oubli, banni de la société de son temps, comme avant lui pour Giordano Bruno ou Galilée.

Au fait, savez-vous pourquoi le logo d’une célèbre marque de PC est une pomme croquée ? Lisez cette pièce et son dénouement, et vous comprendrez.

 

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17 septembre 2018

Le pouvoir de la satire, Fabrice Erre, terreur graphique, éd Dargaud, 70 p.

le pouvoir de la satire

 

Un BD découverte à la médiathèque. Elle retrace l’histoire de la presse satirique de la Révolution Française à nos jours, en passant par Charlie Hebdo.

C’est le drame de Charlie qui fut à l’origine de ce titre, pour répondre aux questions que se sont posées un certain nombre de lecteurs. Dans quelle lignée s’inscrit ce journal ? Pourquoi ces textes ? ces dessins ? Ce vocabulaire employé ? Ce ton ?

La presse satirique n’est pas la plus lu, mais elle est un indicateur du bon fonctionnement de la presse et de la démocratie.

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