beevor

« Qui lance ses derniers bataillons gagne la guerre ». Cette phrase de Frederik Le Grand obsède Hitler lorsqu’il joue son va-tout dans les Ardennes entre décembre 1944 et janvier 1945.

Je connaissais les grands épisodes de la seconde guerre mondiale, mais peu de chose après la Libération de Paris, les événements restaient flous. A la lecture du livre de cet historien britannique, je me rends compte de mon ignorance du véritable enjeu de ce qui s’est réellement déroulé dans les Ardennes à cette époque. Le territoire, situé entre le nord-est de la France, le Luxembourg, l’Allemagne et la Belgique était le verrou qu’Hitler cherchait à faire sauter en envoyant ces dernières forces affronter les troupes alliées (les Français de De Lattre, les Anglais de Montgomery, les Américains de Patton et Eisenhower).

Nous plongeons alternativement dans le camp allemand et le camp allié : les décisions, l’état d’esprit des chefs, de la troupe, les querelles de clocher entre l’égo des généraux…la vie des armées sur le terrain au jour le jour en temps de guerre, en plein hiver dans la boue ou par moins vingt degrés  dans la neige.

Anthony Beevor nous fait revivre ces quelques semaines décisives pour la victoire alliée avec une multitude de détails techniques, géographiques et stratégiques, et des reconstitutions des échanges qui nous font vivre les combats comme si nous y étions, au milieu de la population civile, qui a beaucoup souffert, prise en sandwich au milieu des combats.

Ces combats furent parfois une telle boucherie, avec des exactions (assassinats de prisonniers de guerre, de civiles…), que des procès eurent lieu pour crimes de guerre. La bataille des Ardennes a atteint un degré de sauvagerie sans précédent sur le front de l’ouest. Beevor met le doigt sur une nouveauté de la seconde guerre mondiale. Après les pertes nombreuses dans les rangs des deux armées pendant la première guerre mondiale, les chefs militaires veulent réduire le nombre de victimes dans leurs rangs. Ils ont alors utilisé les obus d’artillerie et les bombes. Mais cela a causé bien des ravages sur les victimes civiles, notamment les bombes au phosphore.

Une guerre reste une sale guerre.

Citation :

« Hitler voulait arriver à Berlin après la tombée du jour. sa présence devait rester secrète, disait-il, mais son entourage en connaissait la vraie raison: il ne voulait pas voir les effets du bombardement allié »