D'entre les pierres

 

Selon l’écrivain franco-marocain Fouad Laroui, « on ne peut écrire de romans sans y mettre l’histoire ». Et c’est ce que fait David Lelait-Hélo dans D’entre les pierres, un roman qui m’a beaucoup touchée. Et pour transmettre l’Histoire, il faut un témoin.

Au 38 de la Calle del Primer Dia, habite, vit, respire, pense ce témoin qui a des générations d’histoire à transmettre.  Car elle est bien vivante, la maison de Soledad Salvador, elle a une âme, elle écoute, elle protège.

Soledad Salvador, 17 ans, commence une nouvelle vie à cette adresse de Buenos Aires, fusionnant avec la maison qui protégera les bonheurs et les douleurs des habitants.

Buenos Aires, donc. Nous sommes en Argentine, les décennies passent, la dictature aussi, et son lot de souffrances qui n’épargne personne. Les vieilles pierres peuvent en témoigner, elles qui accumulent la mémoire des liens depuis leur fondation, se transmettant le flambeau de maison de paille et de boue en maison de pierre, de 1536…aux années 2000.

L’écriture est rythmée par la présence et le nom de Soledad Salvador, nom toujours donné en entier, jamais tronqué, et par la respiration de la maison, dont on sent le souffle et qui est personnifiée. Des passages la décrivent très humaines, voire même très sensuelle.

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