Compte-rendu de lecture

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Henry David THOREAU, Walden ou la vie dans les bois, Gallimard.

Tout plaquer pour vivre dans et de la nature, en communion avec elle et sans lui nuire, avec le moins d’impact possible. Certains le rêvent, d’autres le font, pour quelques mois, quelques années, ou  plus.

Au XIXe siècle, Thoreau l’a fait, en construisant sa cabane et habitant au bord du lac Walden. Le livre date de 1854, dans une Amérique encore épargnée par toute cette civilisation.  Ce témoignage est un essai sur l’écologie (au sens premier du terme, et non  dans son sens politique dévoyé d’aujourd’hui) et l’économie. Refus de l’argent pour l’argent, du travail pour l’argent perçu comme une aliénation.

Un peu de travail manuel, le minimum pour vivre en autarcie (construire sa demeure, cultiver ce qui est nécessaire à la nourriture), contemplation, lecture, écriture. Cela suffit à l’auteur pour vivre en ermite. Mais son expérience ne dépasse pas les deux années.

Certains thèmes sont toujours d’actualité,  et ont encore une résonance particulière aujourd’hui, dans un monde où la civilisation a pris le dessus, et où la moindre chose se mesure à la valeur de l’argent et du temps nécessaire pour sa fabrication. Mais entre les deux extrêmes, n’y aurait-il pas un plus juste milieu ?

Une écriture très datée XIXes, et pour cause! Il faut prendre le temps de le lire, de se plonger dans les descriptions de la nature, des petits riens qui suffisent à l'auteur, une lecture au ralenti pour une vie loin du stress et des débordements quotidiens.