le garçon

 

La plume de Markus Malte nous porte et nous accompagnons le garçon depuis son adolescence et tout au long de sa vie.

Un jeune étrange, que ce garçon, né d’une mère marginale, vivant dans une ferme isolée à l’écart de toute civilisation. Jusqu’à la mort de sa mère, jamais le garçon n’a vu un autre être humain. Une vie quasi animale. Sans parole.

Et puis, à la mort de sa mère, il ne résiste pas à la pulsion, il part, par les bois et les chemins. A pied, il découvre le monde, de nuit, puis de jour, se confrontant de plus en plus aux hommes et à la civilisation.

Pendant longtemps, il ne sera plus seul, vivant et se polissant avec des personnes que le hasard a mises  sur sa route. Mais même policé le garçon reste un homme de la nature, pouvant vivre de rien.

Civilisation, arts, amour charnel, le garçon a bien changé.

Il change, comme le monde dont nous vivons aussi l’évolution. Chaque grand découpage du livre s’accompagne d’une mise en parallèle avec l’Histoire. ‘’Cette année là…’’, et sur plusieurs pages se déroulent la grande et la petite histoire. Celle des pays, des traités, mais aussi celle d’anonymes qui prennent vie quelques instants sous la plume de Markus Malte. Une Histoire qui va rattraper le garçon avec la première guerre mondiale qu’il va vire pleinement. Mais parfois les pulsions reprennent le dessus et il va voir sa vie prendre un autre tournant.

Une histoire prenante, un personnage qu’on a vu évoluer et qu’on ne veut pas quitter,  fidèle à lui-même malgré tout ce qui lui arrive. Un style puissant, l’écriture nous porte, elle s’adapte à ce que les personnages sont en train de vivre, elle est rythmée, parfois scandée.

(Un petit plus : une découverte de quelques textes de grands auteurs du XIXes, Maupassant et Hugo par exemple, mais dans une version très coquine, pour parfaire l’éducation sexuelle du garçon)