Globalia

Baïkal recherchait la liberté, on lui a donné l’exil.

Baïkal est un jeune homme hardi, à l’esprit rebelle, considéré comme asocial…du moins selon les normes de Globalia. Et si on ne peut pas ranger les gens dans des cases bien définies, on est surveillé constamment.

Globalia est ne cité-monde où la démocratie est poussée à l’extrême. Les habitants de Globalia vivent dans leur bulle, au sens propre comme au figuré. AU sens propre car un gigantesque dôme de verre recouvre les zones protégées. Au sens figuré car tout est contrôlé, mesuré : le temps, la température, l’hygrométrie, l’ambiance…Les différences sont aplanies, tout est uniformisé. L’anglobal (la langue commune) s’appauvrit. L’histoire n’est plus vu que comme une mise en scène dans des parcs de loisirs présentant des ambiances.

Vouloir fuir cette uniformité angoissante dans laquelle les individualités ne peuvent exister se comprend sans problème et on s’identifie à Baikal. Mais on comprend aussi les craintes de Kate, car lorsque l’on ne connait que le modèle formaté, il faut beaucoup de courage pour oser sortir de la bulle.

Mais s’il n’y avait que cela…

Les autorités de Globalia sont les champions de la manipulation. Ils diffusent leur vérité qui doit être LA Vérité. Et la fin justifie les moyens, alors Kate et Baikal se retrouvent malgré eux au cœur d’une manipulation ‘’globalienne’’.

C’est un livre passionnant qui peut se lire comme un roman d’aventure, mais c’est aussi un roman d’anticipation, une dystopie qui peut faire ouvrir les yeux sur les risques et les dérives de notre monde actuel.

Citations :

« Chaque fois que les livres sont rares, ils résistent bien. A l’extrême, si vous les interdisez, ils deviennent infiniment précieux. Interdire les livres les rend désirables. Tous les dictateurs ont connu cette expérience. En Globalia, on a fait le contraire. On a multiplié les livres à l’infini, on les a noyé dans leur graisse jusqu’à leur ôter toute valeur, jusqu’à ce qu’ils deviennent insignifiants ».

‘’Là encore, l’écart avec Globalia était sensible : l’anglobal neutre et appauvrit qu’on y parle avait chassé toutes les autres sonorités. Les non zones étaient tout au contraire des lieux où coexistaient un nombre incroyablement varié de langue. »

‘’Stuypers ne lui avait pas reproché d’avoir tort. Il n’avait pas remise en cause ses arguments ni contesté ses informations. Il lui avait reproché de penser autrement. Il lui avait dénié le droit de rechercher la vérité si elle était autre que celle des autorités ».

« Dans le monde de Globalia, qui n’est autre que celui d’une démocratie poussée aux limites de ses dangers, je n’aurais, moi aussi, qu’un désir, m’évader. La fuite, telle devait donc être ma place. C’est ainsi que dédoublé, je suis devenu Kate et Baïkal, transfuge d’un monde auquel ils ne peuvent se soumettre » (Rufin)