Le chardonneret

 

 

Le chardonneret est un tout petit tableau de Fabritius, maitre hollandais. Il était exposé au MET de New-York, et attirait les regards de la mère de Théo. Il la passionnait, l’hypnotisait. Théo vient d’être renvoyé de son école. Il reste un peu de temps avant le rendez-vous à l’école ce matin, alors mère et fils vont admirer les peintures au musée. Lorsque sa mère retourne devant ce petit tableau, une explosion se fait entendre. Un attentat qui balaie tout sur son passage. Les  œuvres, les visiteurs, et la mère de Théo. L’enfant, lui, 13 ans, s’en sort par miracle, complètement assommé. Mais il n’est pas sorti seul du musée. Un vieil homme mourant lui a remis une bague…et lui a fait signe de prendre le tableau.

Comment Thé va-t-il pouvoir se construire et se reconstruire après cela ? Avoir la culpabilité du survivant, se sentir coupable. S’il n’avait pas été renvoyé de son collège, il n’y aurait as eu ce rendez-vous, ni cette visite au musée. De la famille Barbour à New-York  (provisoirement) à la maison de son père  à Las Vegas, avant de revenir à NY, les années suivantes sont difficiles pour Théo. Un jeune ukrainien lui facilite l’accès à l’alcool, aux drogues, aux rapines et aux magouilles. Les vingt ans qui vont suivre vont nous permettre de voir évoluer Théo, toujours sur le fil. La limite entre le bien et le mal est flou, Théo, rongé entre responsabilité et culpabilité, plongé régulièrement dans les méandres de sa mémoire, a bien du mal à se décrocher de cet événement si terrifiant de l’attentat de ses treize ans car quelque chose le ramène sans arrêt en arrière Le chardonneret.

C’est un livre prenant que j’ai eu bien du mal à lâcher, et qui m’a fait connaitre un peintre hollandais que je ne connaissais pas du tout. Il y a des passages avec quelques longueurs, mais ce n’est pas très dérangeant. On s’intéresse à la psychologie des personnages. Théo, Boris, mais aussi  Hobie, qui semble se cacher ce qui devrait lui sauter aux yeux, Pippa…Des galeries de personnages qui gravitent autour de Théo et contribue à être ce qu’il est. Un livre sur les limites floues entre le bien et le mal, la responsabilité et la culpabilité du survivant. Difficile de s’en sortir.

 

Le chardonneret