J’aime habituellement les romans et les essais d’Erik Orsenna, qui fait œuvre de vulgarisation, toujours bien écrite. On peut vulgariser sans s’abaisser, pour élever le lecteur et le nourrir. La nourriture, cette fois, je ne l’ai pas trouvé, je suis restée sur ma faim.

Orsenna s’attaque ici à La Fontaine, peut-être l’auteur le plus connu de tous les français. Qui n’a pas appris, qui ne connait au moins une fable de notre Jean national ?Mais ici, rien de neuf, des généralités lisibles partout, des digressions (très nombreuses), des chemins de traverses qui n’apporte rien. Savoir qu’aujourd’hui une enseigne de grande surface de jardinage occupe l’espace de promenade de La Fontaine me laisse de marbre.

Est-il vraiment utile de connaitre l’indemnité d’un académicien, et les querelles autour du dictionnaire aujourd’hui, pour ne pas aborder le travail de La Fontaine à l’académie en son temps, surtout que l’indemnité de l’époque n’est même pas mentionnée ? Il précise juste ‘’les maigres jetons versés’’ par l’académie. Certes, mais quelle valeur ?

Au moins laisse-t-il entendre qu’il a toujours de l’inspiration, puisqu’il aurait deux livres en cours, dont sur ‘’La gastronomie des couleuvres, ces repas qu’il faut avaler quand on veut de l’honneur ou des pouvoirs’’.

Orsenna nous donne donc à lire un La Fontaine buissonnier, bon vivant, infidèle, un paresseux travailleur, un courtisan ruiné, mais un La Fontaine qui ne nourrit pas son lecteur, malgré les efforts de l’auteur pour employer régulièrement des tournures et expressions du XVIIes.

Vous m’aviez habituée à une vulgarisation érudite, Monsieur Orsenna, reprenez-vous !

La fontaine