esthétique de la résistance

Voici un livre reçu lors de la précédente masse critique. Le thème m’inspirait, mais la surprise fut grande à la vue de ce pavé qui m’attendait. Comme d’habitude lorsque je reçois un livre, je commence toujours par feuilleter l’ouvrage, j’observe la mise en page, je jauge l’apparence pour voir ce qui m’attend. Et là, je vois un bloc de texte de la première à la dernière page. Aucun dialogue apparent, aucune aération à part les quelques changements de chapitre. Le livre est très dense et il m’a fallut beaucoup de concentration à la lecture, mais je n’ai aucun regret.

Ce roman est rédigé comme une autobiographie d’un jeune ouvrier qui a une certaine vision de l’engagement au moment de la montée du nazisme. Comment se forger une culture quand on est un adolescent ouvrier ? On se la donne soi-même, en suivant des cours du soir, en visitant des musées. Le narrateur est ses amis comprennent vite que l’art est un moyen d’expression à toutes les époques de la souffrance et de la révolte. Il faut donc se donner l’accès à l’art et se l’approprier.

A travers Géricault (Le radeau de la méduse), Picasso (Guernica), Kafka (Le château)  et Delacroix (La liberté guidant le peuple) et Gaudi entre autre, les discussions s’emballent et l’engagement se confirme dans ne gauche qui parfois se divise et montre ses faiblesses entre ce qui se passe dans les bureaux politiques et la réalité sur le terrain.

Alors, cette Esthétique de la Résistance, qui se déroule sous le nazisme, le franquisme, et le stalinisme, ce sont des années d’apprentissage d’un jeune militant, une initiation aux combats politique, et c’est en même temps une histoire du mouvement ouvrier, de la République de Weimar à la chute du national-socialisme et du IIIe Reich, une fresque de la gauche révolutionnaire.

Pour info : cet ouvrage est paru pour la première fois entre 1975 et 1981 et a connu un très grand succès en Allemagne de l’ouest. Il est réédité aujourd’hui en un seul énorme volume.