entrez dans la danse

“Danser, est-ce taire un cri”, s’interroge un médecin. C’est le fil conducteur.

A la lecture du dernier roman de Jean Teulé, je suis mi-enthousiaste, mi-sceptique quant au style.

Ce roman m’a intéressé pour la période historique, sur n fait dont je n’avais jamais entendu parler pendant mes études d’histoire. La conjonction de catastrophes inexpliquées (météorite ‘’pierre de tonnerre”, comme le dit le narrateur ‘’[comme si] les étoiles se mettent à nous chier dessus”), naissance de siamois, famine, épidémies ravageuses…) amène l’enfer sur terre. La population est en situation de famine aggravée. Les adultes n’ont d’autres choix de manger leurs enfants… ou de les tuer pour ne pas avoir à le faire. Ouverture choc du roman, qui met une claque dès la première scène. ‘’c’est l’histoire d’un peuple qui a perdu l’espoir’’

Mais en arriver à ces extrémités n’est pas sans conséquence sur la mentalité des populations fragilisées par toutes ces catastrophes.

Quelles mesures vont prendre les autorités politiques de la ville, l’ammeister? Et les autorités médicales? religieuses?

Avec Jean Teulé, les autorités politiques de la ville ne sont pas mises en valeur, mais pour les autorités religieuses, c’est bien pire! Dans le contexte de la naissance de la Réforme dont l’évêque ne veut pas entendre parler, il est mis l’accent sur les excès: le clergé stocke de très grande quantité de nourriture, il fait payer le prix fort à la commune lorsqu’il s’agit de sauver la population. En plus, le clergé spécule, et pratique les Indulgences à outrance pour construire la basilique romaine...et pendant ce temps-là, le peuple mange….tous les déchets qu’il peut trouver. Papier, bois, cuir, excréments…

Avec Teulé on ne risque pas de s’ennuyer, mais est-il nécessaire d’être familier, voire vulgaire pour décrire la moindre situation? certes, ce sont des choses triviales de la vie dont il est question, mais est-on obligé de tout écrire familièrement? A la longue, cela m’a dérangée.

De même le choix du vocabulaire décalé.  Parler de flash-mob, de techno parade ou de night-clubbing créé un décalage, fait sourire peut-être, mais pose problème à l’historienne de formation que je suis. L’anachronisme heurte mes oreilles.

 

ex:

“Et tu dans avec lui! … La tête sur son épaule’’ Convoquer C. Jérôme dans une danse macabre, il faut le faire!