la horde du contrevent



Halte ! Coup de cœur ! Le premier de l’année 20018 ! Ce livre est un pavé d’un peu plus de 700 pages d’une conception et d’une écriture comme je n’en avais jamais vu.
La première chose qui m’a marquée est la pagination inversée, qui permet de voir d’un coup d’œil où nous en sommes dans l’intrigue.
Le deuxième élément : le livre s’ouvre sur a liste des personnages composants la horde, avec chacun un symbole leur correspondant. Mais pourquoi donc ? S’en suit deux pages de signes incompréhensibles au lecteur à ce moment là, mais le code arrivera au cours de la lecture.
Chapitre I. Le premier paragraphe commence par un symbole et régulièrement, après un saut de ligne, chaque nouveau paragraphe s’ouvre par un de ces symboles. Puisque chacun de ces éléments est associé à un personnage, nous savons donc ainsi qui s’exprime, nous avons alternativement le point de vue de personnages différents sur un même élément. Avec un peu d’habitude, on n’a plus besoin de se référer à la première page. Chaque membre de la horde a une formation, une origine, une fonction, une culture qui influent sur son expression et son niveau de langue.
Résumons l’histoire comme nous pouvons.
La horde est un groupe d’homes et de femmes aux fonctions variées (traceur formé dès leur 7 ans, chasseur, fleuron, aéromaître…) qui vit en autosuffisance, et dont la mission est de contrer le vent. Cela signifie aller contre le vent, pour le remonter jusqu’à sa source et comprendre pourquoi il souffle en continue sous toute sorte de forme, du simple souffle de vent à la puissance destructrice…car dans ce monde-là, le vent est là. Il est ce monde qui traverse villes, villages et paysages dévastés. Un monde apparemment sans frontière dont il faut trouver le terminus géographique en remontant jusqu’à l’Extrême-Amont. Un vent qu’ils ne sont autorisés à contrer qu’avec leur corps, rien d’autre. Un corps qui connait et reconnait toutes les nuances du vent.
Ces hommes et ces femmes forment la 34e horde, conduite par le 9e Golgoth, un individu unique en soi chargé de tous les mener au-delà de ce qu’ont fait les hordes précédentes qui ne sont pas revenues, pour, enfin, atteindre l’Origine.
Que vont-il trouver aux confins du monde ?
Pour moi, ce livre est un chef d’œuvre, avec un travail époustouflant sur le lexique du vent en particulier, mais aussi sur tout le vocabulaire en général. La langue est comme une création qui colle à chaque situation. Un livre que j’aurai voulu ne pas quitter pour rester en compagnie de cette horde du contre-vent.
Ouf ! Je m’emballe comme rarement et ne parviens plus à m’arrêter, j’ai été séduite par beaucoup de livres, mais celui-là va désormais occuper une place vraiment à part.