Dévorer les ouvrages d’un auteur : échelonner ses lectures ou tout lire d’une traite ?

 

Il y a quelques années, chez mon libraire, j’avais craqué devant une pile sur le comptoir de Codex 632, le secret de Christophe Colomb de JR Dos Santos, j’avais beaucoup aimé. Il y a quelques semaines, j’ai reçu et lu pour une masse critique Signe de Vie, le dernier titre sorti en français de cet auteur. J’ai alors découvert que l’historien cryptologue enquêteur est en fait un personnage récurrent. Devant la variété des thèmes abordés et le plaisir de découvrir de nouvelles théories, toute historiquement et scientifiquement fondées, je me suis lancée dans la série complète :

-          La formule de Dieu

-          L’ultime secret du Christ

-          La clé de Salomon

-          Codex 632

-          Furie Divine

-          Vaticanum

-          Signe de vie

 

Il y a des avantages et des inconvénients à lire toute la série d’affilée.

 

Le point positif, c’est qu’on est dans le rythme et dans le style de l’auteur, on appréhende mieux son fonctionnement, et on repère aussi ses manies. La description des personnages, par exemple, relève du même fonctionnement. La chevelure et le regard en premier, ce dernier étant toujours ‘’froid’’ chez les ‘’méchants’’. L’organisation du récit, le principe de questions / réponses du néophyte au spécialiste (notre personnage récurrent) qui fournit l’explication permettant de comprendre l’action entreprise, ou les questions que notre personnage pose à un spécialiste scientifique reconnu dans son domaine, pour les mêmes raisons, afin que Tomas Noronha puisse décrypter ce qui est survenu ou doit survenir.  Ces questions, selon les livres, abordent la physique, l’astronomie, l’étude de la Bible ou du Coran…

 

L’inconvénient, lorsqu’on a compris comment l’auteur fonctionne, c’est qu’on peut anticiper. On se dit que là, il doit forcément se passer quelque chose, quelqu’un va surgir et ça arrive, mais on reste surpris par ce qui survient. On ne maitrise pas tout, tout de même, sinon, il n’y aurait plus d’effet de surprise.

Autre inconvénient à enchainer les ouvrages d’une même série, si on est attentif, on peut parfois relever une anomalie. Nous mettons quelques semaines à tout lire, c’est un temps court, par rapport aux années qui séparent la rédaction de la série entre le premier ouvrage et le dernier sorti. Notre mémoire est plus fraiche. Par exemple, dans Vaticanum, Tomas Noronha est présenté comme ayant les yeux chocolat, alors que dans le premier volume, la première image que nous avons de lui est un brun aux yeux verts. Bon, je sais, c’est chercher la petite bête. De même, dans Furie Divine, l’un des ‘’méchant’’ a un ‘’nom de guerre’’ bien particulier. Ce méchant survit, mais on ne sait pas ce qu’il devient. Emprisonnement ? Interrogation par la CIA ? On ne nous en reparle pas…Et dans Vaticanum, on retrouve un personnage, dans la même mouvance, avec le même nom mais sans qu’il soit fait le moindre lien avec le titre précédent. Est-ce pour ne pas perdre le lecteur si celui-ci n’a pas lu le volume précédent ? Ou est-ce une facilité de l’auteur pour réinvestir une connaissance ?

 

Enfin, le dernier inconvénient relève d’un choix éditorial. Précisons d’abord que chaque ouvrage peut être lu indépendemment les uns des autres, même s’il y a ponctuellement une allusion a une aventure précédente, cela ne pose pas de problème. Or, l’éditeur français n’a pas publié la série dans le même ordre que dans le pays d’origine, au Portugal. L’auteur et l’éditeur ont choisi un ordre de publication en fonction des thèmes des romans davantage susceptibles de plaire à un moment donné aux lecteurs français. Ainsi, en France, La Clé de Salomon est sortie avant Furie Divine (ordre de publication inversée au Portugal). Mais dans La clé de Salomon, on trouve un indice qui dit que Tomas Noronha a été confronté à l’intégrisme musulman. On se dit que c’est juste un clin d’œil à la vie du personnage qui nous permet de comprendre son parcours de vie. Or, dans le livre suivant en France, on a la clé de l’énigme. On ne s’en rendrait pas compte si on lisait les ouvrages de façon plus espacée dans le temps.

 

Bon, je sais, à ce niveau-là, c’est du chipotage. Voici donc dans l’ordre de la publication en France les avis sur la série. J’ai remis le CR de Codex 632 lu antérieurement, mais pas Furie Divine que j’ai posté assez récemment et qu’on peut retrouver dans mon historique.