la méthode schopenauer

Voici un livre de psychothérapie qui se lit comme un roman.

Après avoir lu Comment je suis devenu moi-même, je retrouve des traits de l’auteur sous le personnage de Julius Hertzfeld. Le métier, le mode de vie, les pensées. Ainsi, Julius est psychothérapeute depuis des décennies. Lors d’un contrôle médical de routine, on lui découvre un mélanome mortel. Un an de bonne santé environ l’attend. Un an encore. Ou un an seulement. Un an qui passe vite quand l’épée de Damoclès reste en permanence au-dessus de votre tête.

Les premiers jours relèveront du chaos. Comment vivre ce temps qui nous reste ? Qu’avons-nous fait de notre vie ? Comment avons-nous vécu ? Avons-nous été ce que nous sommes (référence à Nietzsche que nous retrouverons dans un autre titre de l’auteur).

Au cours de sa longue pratique de thérapeute, Julius a-t-il échoué à sauver un patient ? C’est le moment de mettre le nez dans les vieux dossiers. Un nom lui revient alors très vite, celui de Philip Slate, dont la thérapie, pendant trois ans, vingt ans plus tôt, fut semble-t-il un échec total. La reprise de contact est à l’image de ce que fut leurs échanges, mais le patient a pourtant évolué. Consultant à l’époque pour une addiction au sexe, comment a-t-il fini par s’en sortir ? Qu’est ce qui ou qui a bien pu le sauver ? Comment cet homme asocial, apparemment coupé de la vie, est, aussi bizarre que cela puisse paraitre, devenu conseiller en philosophie et a besoin d’un tuteur pour devenir thérapeute ?

Un lien particulier va se créer entre Julius et Philip. Julius accepte de le tuteurer à condition que Philip suive sa thérapie de groupe pendant six mois. Côtoyer d’autres personnes, compatir, se confier, s’épancher…un comportement apparemment impossible pour Philip Slate. Comment va-t-il évoluer ? Et le groupe en sa présence ?

Et pendant ce temps, on en oublierait presque que les jours de Julius sont comptés.

Ce n’est pas un livre d’action, comme tous les ouvrages de Yalom, mais un roman qui fait réfléchir sur l’existence, sur la vie à l’approche de la mort.

Si vous aviez la possibilité, au moment de votre mort, de revivre votre vie à l’identique, accepteriez-vous ? Alors, autant vivre sa vie le mieux possible pour être en accord avec soi-même et ne rien regretter.

C’est là que va le plus souvent intervenir Schopenhauer dont la vie a grandement aidé Slate. Slate, comme une incarnation contemporaine de Shopenhauer par sa manière de vivre.

 

« Un peu de bienveillance et de chaleur, disait Schopenhauer, permettent de manipuler les gens, de la même manière qu’il faut d’abord chauffer la cire pour pouvoir ensuite la modeler »

« Aucune plume ne peut rien écrire qui n'ait trempé dans la noirceur de na nuit. »

« Rester attentif au miracle même de l’existence : ne pas se demander comment sont les choses, mais être en permanence émerveillé que les choses soient, qu’elles puissent simplement exister »