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‘’42 ans, 9 mois et 25 jours, 15639 jours après avoir quitté en urgence l’Algérie, Bernard Scarpa revient sur les terres de son enfance, les terres où il a grandi heureux et insouciant.

Alors, fouler le sol natal si brusquement quitté n’est pas sans ramener de nombreux souvenirs qui refont surface à chaque lieu visité. Un pèlerinage d’une semaine pour remonter aux racines, pour retourner dans tous les lieux où il vécut. Un pélerinage organisé, sans rancœur pour ce départ brutal.

Chaque lieu est l’occasion de souvenirs qu’il nous raconte, dessinant ainsi un portrait heureux et coloré de l’Algérie, à travers le regard de l’enfant qu’il était. Un enfant insouciant qui avait des amis de toutes les religions, de toutes les origines. Mais néanmoins un enfant faisant la différence entre sa position et celle des algériens. Alors que j’étais surprise de l’absence apparente de distinction entre les habitants et les cultures qui l’entourent, je l’entends s’exclamer page 86 : ‘’ C’est bizarre, il n’y a pas un seul Indigène dans les rues’’. Nous sommes alors en 1956, et la phrase est brutale. Elle nous replonge immédiatement dans le contexte des ‘’évènements d’Algérie’’ débuté depuis deux ans.

Je me dis alors que le jeune Bernard issu d’une famille avec une bonne éducation, n’avait peut-être pas conscience de la poudrière dans laquelle il vivait. Il était loin de la politique et vivait heureux avec ses amis, sans aucune distinction. Bref, l’enfance…