Les odeurs rythment notre existence depuis notre enfance. Elles sont liées aux souvenirs, on peut aussi les associer à des couleurs.

Ce livre de Philippe Claudel m’a plongée dans un florilège d’odeurs que je garde en mémoire. Plats mijotés. Fleurs. Arbres. Je me rappelle des cueillettes de fleurs de tilleul, sous l’arbre, à Romilly. J’en ai fait planter un chez moi. Le premier lonicera à délivrer sa senteur d’eau de cologne dès la fin décembre- début janvier à côté de la boite aux lettres. Les épicéas des randonnées vosgiennes. Et je ne peux plus manger un bonbon des Vosges sans ressentir la forte odeur de l’eucalyptus qui m’avait fait pleurer lors de la visite de l’entreprise artisanale de confiserie, près de Gérardmer. L’humus et les champignons dans les sous- bois à l’automne. Les fins de randonnées près de Bar sur Aube et sa bolée de cidre brut qui gratte la gorge.  Le chien mouillé après les baignades  de Riquet, batard de braque et de griffon. Le chlore de la piscine. Les odeurs de voiture le matin des départ en grandes vacances, à jeun pour ne pas être malade (c’est pire !). Les odeurs du sas au moment de monter dans un avion, qui annonce les sensations désagréables qui vont suivre.

Inconsciemment, on se forge ses souvenirs dans les odeurs. Et le petit Claudel devenu grand se les remémore, nous les livres comme un abécédaire de ses souvenirs. Un inventaire à la Prévert ? non, mais Baudelaire est souvent cité.  Un portrait en filigrane se dessine de l’auteur, qui ainsi se livre, l’air de rien, et nombre d’entre nous peuvent se reconnaitre voir ainsi ses propres souvenirs olfactifs venir sur le devant de la scèn

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