americanah

 

Traduit de l’anglais par Anne Damour. Littérature nigériane.

 

Une lecture de plus sur un parcours de migration, mais une lecture qui surpasse largement ce que j’ai pu lire  récemment sur le sujet.

Ifemelu a décidé de rentrer au pays, le Nigeria, après quinze ans passés aux Etats-Unis. Elle devient  une americanah (migrant vers l’Amérique qui rentre au pays).  Alors, pour rentrer, elle va dans un salon de coiffure se faire tresser les cheveux. 6 heures sont nécessaires pour l’ensemble de la tâte, c’est donc l’occasion de se souvenir. Six heures dans les souvenirs d’Ifemelu.

Elle nous plonge dans son passé nigérian (son enfance, son adolescence, ses études nigérianes), illustrant le mode de vie d’une famille aisée, oscillant entre modernité et tradition.

Puis, l’opportunité se présentant, elle part pour les Etats-Unis. C’est lorsqu’elle pose le pied sur le sol américain qu’elle se sent noire pour la première fois, dans ce pays qui s’est construit sur la ségrégation. Choc des cultures. Volonté de s’intégrer à tout prix. Prendre l’accent américain ? ne pas le prendre ? Un tourbillon de nouveautés et de décalages noie le personnage avant qu’elle ne parvienne à assimiler les différences, notamment les particularités de langage, qui font la différence entre Noirs américains et noirs non-américains.

Ifemelu, l’œil acéré et avisé et à travers  partage avec nous les us et coutumes des différents pays.

De retour au pays après quinze ans d’absence. Le contraste pour notre personnage est tout aussi frappant, mettant en avant la volonté des nigérians ayant réussis de se démarquer à tout prix : belles voitures, chauffeurs, scolarité anglaise ou américaine, domestique, tape à l’œil…Il faut paraitre, alors Ifemelu continue de croquer sur le vif le mode de vie de ses congénères pour son blog : multiples analyses et réflexions qu’elle partage avec nous.

Un roman de haute volée.